Les 3 meilleurs livres pour maîtriser la recherche d’emploi

 

La recherche d’emploi s’apprend. Comme tout. Malheureusement, nous sommes inondés de livres moyens sur le sujet. Comme pour les articles : le sujet est tellement à portée de tout le monde que tout le monde peut se lever un matin et écrire un livre ou un blog sur l’emploi (c’est d’ailleurs ce que j’ai moi-même fait).

Pour créer ce blog, j’ai lu une quinzaine de ces livres, avec désespoir et ennui. Puis j’ai fini par tomber sur des perles inattendues. Si vous avez la flemme de lire tout un article je vous donne déjà les titres : « N’envoyez pas de CV ! », « The 2-Hour Job search » et « Business Model You ».

« N’envoyez pas de CV ! » parle d’état d’esprit de la recherche. Si vous ne devez lire qu’un seul livre commencez par celui-ci. Des méthodes vous pouvez en trouver partout. En revanche percer le secret de la démarche est très rare, ce livre vous permet de le faire. « The 2-Hour Job search » est une méthode brute de recherche d’emploi. Vous allez l’adorer si vous aimez bien débrancher votre cerveau et suivre une méthode précise et bien construite. « Business Model You » aborde le sujet de ce que vous VOULEZ faire. Ce qui devrait chronologiquement être la première étape. Il vous conviendra particulièrement bien si vous vous posez des questions de type reconversion professionnelle ou que vous sortez de vos études. Si c’est votre cas oubliez mon conseil précédent et ne lisez que celui-ci.

Voilà…vous pouvez reprendre une activité normale. Si vous voulez en savoir plus sur les livres en question, restez avec moi pour la suite.

En fait, le véritable problème des livres sur la recherche d’emploi est leur focalisation sur…la recherche d’emploi brute. Comme si un livre pour apprendre à devenir grand chef cuisinier ne parlait que de recette brute et jamais de comment s’approvisionner en ingrédients, comment optimiser l’espace de la cuisine, comment diriger une équipe, comment dresser un plat, etc. Comme si un livre pour devenir un champion de football ne parlait que des techniques de jeu et jamais de la manière de s’entraîner, l’état d’esprit à développer, les stratégies de carrières, le développement de sa marque personnelle. Comme si un livre de drague se contentait d’enchaîner des techniques à la limite de la manipulation plutôt que de parler de comment se sentir bien dans sa peau, développer un bon état d’esprit, apprendre à choisir des personnes compatibles avec vos objectifs, etc.

Ça vous dit quelque chose ? Normal, la plupart des manuels de drague ressemble à ça. Si vous voulez j’en ai découvert un différent, mais c’est un autre sujet.

Pourquoi ce phénomène en recherche d’emploi ? Parce que, comme en drague, n’importe qui peut écrire. Or, que fait n’importe qui quand il aborde le sujet ? Il parle de la partie médiatique du sujet. Comme tous les débutants. Il parle de ce qu’on s’imagine être la discipline. Quand j’étais petit, mes parents m’ont inscrit à l’escrime. Figurez-vous que les premières séances, les professeurs passent leur temps à expliquer aux enfants que le but n’est pas de taper dans la lame de l’autre. Pourquoi ? Parce que quand on voit un film de mousquetaire on les voit entrechoquer les lames. Sauf qu’ils font ça pour se défendre. L’attaquant essaie de toucher le corps, le défenseur contre avec la lame. Ce serait stupide que l’attaquant essaie de toucher directement la lame. Pourtant c’est ce que tous les enfants font au début.

Voilà le drame de la recherche d’emploi : des manuels et des articles qui vous parlent de faire un CV et postuler à des annonces comme s’il n’existait que ça. Comme si c’était le vrai sujet. Or, le sujet de la recherche d’emploi est tout sauf une question de CV. Ce qui nous fait une transition parfaite pour le premier ouvrage.

 

Livre #1 | N’envoyez pas de CV ! Les 44 lois de Fox pour trouver un emploi

 

À un moment j’ai failli me dire que j’étais fou. Quand vous voyez tous les autres obsédés par le CV vous finissez par vous demander s’il y a une raison. Puis, un jour, j’ai découvert par un hasard total (merci les recommandations d’Amazon) que quelqu’un avait écrit un livre entier sur le sujet. À l’époque, l’édition était épuisée et j’ai eu la chance d’en trouver un d’occasion. Il est tellement vieux qu’il y a encore le prix en francs dessus ! 88,55 F.

Dès les premières lignes j’ai su que j’allais adorer ce livre et que j’avais enfin quelqu’un qui savait de quoi il parlait. Probablement parce qu’il n’est pas écrit par un recruteur ou un journaliste mais plutôt par un expert du marketing. Je le dis d’autant plus sereinement que je suis moi-même un ancien recruteur.

« Un CV accompagné d’une lettre standard est bon pour la corbeille (…) La plupart des prospectus que l’on reçoit dans sa boîte aux lettres finissent à la poubelle avant même d’être lus; les candidatures envoyées sans préparation subissent le même sort. Quelques-unes provoquent une lettre de refus préformatée; l’essentiel reste sans réponse; 99,2% sont ignorées et jetées.

Quand un chargé de ventes passe voir un client sans prendre rendez-vous, c’est du démarchage. Ce type de visite a un faible taux de réussite. Le client peut n’avoir absolument aucun besoin du produit; il n’est peut-être même pas à son bureau. (…) Les CV expédiés sans invitation préalable ont eux aussi un faible taux de réussite. »

Pourquoi la plupart des gens adoptent une démarche aussi inefficace ? Parce que la plupart des gens adoptent cette démarche inefficace. C’est tout. C’est décevant mais il n’y a pas d’autres raisons. De la même manière que la plupart des gens mangent du poulet mais pas du pigeon…parce que la plupart des gens mangent du poulet mais pas du pigeon. Conséquence : on ne se rend même pas compte qu’on est en train de faire quelque chose de désastreux, puisque tout le monde le fait.

 

Envoyer un CV à quelqu’un qui vous ne l’a pas demandé est un prospectus, voire un spam. Le CV devrait être un document de suivi et jamais un document de premier contact.

Autre concept fondamental du livre : comprendre que le recruteur n’est jamais le décisionnaire final. On l’avait vu ensemble dans un article.

« Aussi compétent soit-il, le patron de la DRH n’est pas en dernière analyse l’acheteur, c’est-à-dire celui qui recrute. Sauf si vous cherchez à vous faire embaucher à la DRH, vous n’y trouverez pas les personnes qui prendront la décision finale. (…) Le chercheur d’emploi sera embauché ou rejeté par ceux pour qui et avec qui il ou elle devra travailler. Ces recruteurs véritables sont donc vos clients, les gens à qui vous devez vous vendre. »

Je vous invite à lire l’article si vous voulez développer cette idée plus en profondeur mais il a dix fois raison. Vous ne devriez jamais viser volontairement le service des ressources humaines. Ce devrait être votre plan Z. Ce que vous faites quand vraiment vous n’arrivez pas à cibler un manager.

« Le service du recrutement fait écran. Comme le gardien d’un HLM, son job est de s’assurer que les candidatures non sollicitées n’encombrent pas le bureau des managers. La DRH, hors les cas où elle est sollicitée pour un besoin de recrutement spécifique, ne va pas s’amuser à passer en revue toutes les demandes d’emploi et les examiner attentivement en quête de la perle rare ! En réalité, le service di recrutement considère que la plupart des CV non spécifiques et des candidatures spontanées qui lui sont adressés lui font perdre son temps. »

 

Triste réalité. Si vous comprenez ça, vous seriez insensé de continuer à viser les recruteurs en premier lieu. Si vous voulez vraiment rentrer dans une boîte de nuit chic ultra-sélective quelle sera la meilleure stratégie ? Stratégie #1 : venir au hasard parce que vous avez vu la boîte dans la rue, puis aller vers le videur et essayer de rentrer en négociant avec lui. Stratégie #2 : se renseigner à l’avance, choisir une boîte de nuit, trouver le nom des responsables, regarder quels amis d’amis on a en commun, demander une mise en relation, puis obtenir la validation d’un responsable, se présenter à la boîte de nuit et dire au videur que vous venez de la part du responsable et que vous pouvez l’appeler si besoin ? Bien sûr la stratégie #2. Pourquoi si peu de gens essaient ? Parce qu’ils n’y pensent pas ou qu’ils ont peur d’essayer. Tant pis pour ceux qui ont peur.

Vient ensuite un autre conseil clé : délimitez votre aire de jeu. Je me tue à le dire. Peu importe le critère de délimitation, vous ne pouvez pas attaquer tout le marché. Si vous n’avez pas d’entreprises dans lesquelles vous rêvez de travailler, prenez un critère comme la distance à votre domicile pour commencer. Commencez par 5 ou 6 cibles que vous travaillez à fond, plutôt que d’envoyer votre CV à 500 entreprises au hasard et n’importe comment.

Petite parenthèse sur les PME qu’on ne fait pas assez souvent. Contrairement aux clichés condescendants : « la sécurité de l’emploi y est souvent plus grande, parce que le recrutement y est moins fréquent, réalisé avec plus de soin, et assorti de plus d’attentes. »

Dans la 26ème loi (sur les 44) il propose un guide avec 21 questions que l’on peut poser au recruteur. On oublie souvent cette partie. Il n’y a rien de plus marquant qu’un candidat qui pose des questions pertinentes. En voici quelques unes :

  1. Comment votre société gagne-t-elle de l’argent ?
  2. Quelles raisons vous ont vous-même poussé à rejoindre cette entreprise ?
  3. Vos concurrents sont-ils l’entreprise ABC et l’entreprise XYZ ?
  4. Qu’est-ce qui ne vous satisfait pas aujourd’hui en matière de [l’une des attribution du poste visé] ?
  5. Voyez-vous une question importante que je n’ai pas encore soulevée ?

 

En résumé : si vous ne deviez lire qu’un seul livre sur la recherche d’emploi, lisez uniquement celui-ci. Car il vous parle avant tout de l’état d’esprit plutôt que d’accumuler des outils. Les personnes qui trouvent le plus facilement un emploi ne sont pas celles qui ont les meilleurs CV. D’ailleurs, je n’ai moi-même pas de CV. L’objectif est de faire en sorte qu’on vous demande un CV. Pas de l’envoyer à quelqu’un qui ne vous a rien demandé et le jettera à la poubelle. Si vous avez créé un premier contact, même furtif, on ne jettera pas votre CV. Si vous avez fait en sorte qu’on vous le demande, on ne le jettera pas.

Si vous voulez aller plus en profondeur sur le sujet, lisez le livre ou consultez cet article : n’envoyez pas votre CV

PS : même s’il parle avant tout d’état d’esprit, il n’oublie pas de donner des conseils très concrets et opérationnels comme le guide des questions qu’on vient de voir, les 16 lois du CV, des exemples de lettres et un système de points pour organiser sa journée. J’en avais parlé dans cet article : 

L’idée c’est de viser un score de 5 points chaque jour.

 

 

Livre #2 | The 2-Hour Job search

 

Je viens de dépenser mon énergie à insister : ce n’est pas une question de technique brute de recherche. Il faut d’abord travailler son état d’esprit, ce que l’on veut, son organisation, etc. Mais je sais que vous attendez quand même un livre pour vous conseiller une méthode brute. Et il est évident qu’il vaut mieux une bonne qu’une mauvaise méthode. The 2 hour job search propose cette méthode.

Ce que j’aime beaucoup dans ce livre c’est sa partie extrêmement concrète et méthodique. Vous pouvez débrancher votre cerveau : on réfléchit pour vous. Vous vous contentez d’appliquer point après point. Ce que j’aime moins c’est que justement ça ne parle que de méthode brute. Mais, en même temps, il prévient dès le début en disant que ce livre va se concentrer sur une toute petite partie du sujet.

La méthode se divise en 3 étapes.

Étape #1 : Prioriser. Grâce à la liste LAMP
Étape #2 : Contacter. Grâce à l’email en 5 points et la méthode 3B7 de suivi
Étape #3 : Recruter un ambassadeur. Grâce à un entretien informationnel. Savoir de quoi parler via la méthode TIARA.

Étape #1 : Prioriser. Grâce à la liste LAMP

En ce qui concerne la première étape, la méthode LAMP signifie : Lister, Alumni, Motivation, Annonces (Postings). Rien de révolutionnaire. Mais c’est aussi un avantage de ce livre : l’auteur est tellement méthodique qu’il donne un nom à tout. Et il chronomètre tout (d’où le nom du livre). On a donc :

Lister les employeurs possibles : 40 minutes
Identifier des alumni                   : 10 minutes
Évaluer notre motivation            : 5 minutes
Scorer les annonces                      : 15 minutes

Temps total de l’étape 1                 : 70 minutes

On commence donc par lister 40 employeurs possibles. 1 par minute. Les entreprises dont on rêve, les entreprises où l’on connaît des alumni, les entreprises qui ont mis une annonce, les entreprises d’un secteur que l’on apprécie, etc.

Une fois que cette liste de 40 entreprises est faite, on enchaîne en regardant s’il existe un alumni (c’est-à-dire quelqu’un qui a fait la même école/université/BTS/etc que nous). On met simplement un « oui » ou un « non » dans la colonne.

Puis, on évalue sa motivation sur une échelle de 1 à 5. Cette échelle doit être entièrement utilisée au sein de la liste : elle est donc relative. Il doit y avoir au moins un 5 et un 1. Le 1 étant réservé aux entreprises dont vous ne savez strictement rien. Le 5 pour vos favorites. Le 2 pour celles que vous aimez le moins.

Enfin, on donne un score d’annonce. Là encore il s’agit d’un chiffre de 1 à 5. Imaginez que vous avez un master en contrôle de gestion et que vous voulez un stage de contrôle de gestion. Vous reprenez votre liste des 40 entreprises. Vous allez mettre un score de 1 quand il n’y a aucune annonce disponible sur le web. Un score de 2 quand vous trouvez une annonce, n’importe laquelle. Même si c’est un CDI en marketing par exemple. Un score de 3 quand c’est une annonce, n’importe laquelle, mais qui demande un master en contrôle de gestion. Un score de 4 quand vous trouvez une annonce qui correspond au poste que vous cherchez mais qui ne propose pas le bon contrat. Par exemple ici un CDD au lieu d’un stage. Enfin, vous donnez un score de 5 quand vous trouvez une annonce qui correspond à votre diplôme, votre recherche et le contrat (ici un stage).

Pourquoi ce classement ? Parce qu’il permet d’obtenir plusieurs informations. Par exemple, plus le score est haut et plus vous savez que vous devez vous dépêcher. De même, plus le score est haut plus vous savez que l’entreprise est actuellement dans l’état d’esprit de recherche : vous avez donc besoin de moins d’effort. Ici la rapidité primera sur le ciblage.

On obtient donc un tableau de 40 lignes et 4 colonnes. En approximativement 1h10. On va ensuite la trier (par exemple sur Excel) par motivation, score annonce et alumni (dans cet ordre). Et voilà votre liste priorisée ! Vérifiez que le top 10 que vous obtenez correspond effectivement au top 10 de votre coeur. Si ce n’est pas le cas c’est peut-être parce que le fait de savoir qu’une entreprise est en recherche active augmente la motivation chez certaines personnes. Si c’est le cas, modifiez le score de motivation en fonction. Et vous avez votre liste définitive.

Ce qui nous permet de passer à l’étape 2.

Étape #2 : Contacter. Grâce à l’email en 5 points et la méthode 3B7 de suivi

La première étape avait 4 moments, résumés sous le nom de LAMP. Et bien la seconde a 3 moments, résumés sous le nom de NET. Naturaliser. Email. Suivre (Track). On a :

Naturaliser : 20 minutes
Email : 20 minutes
Suivi : 10 minutes

Temps total : 50 minutes

Le moment de la naturalisation sert à trouver un ou plusieurs points de contact au sein de l’entreprise. Pourquoi ne pas l’avoir fait à l’étape Alumni précédente ? Parce que désormais on sait quels sont les entreprises prioritaires et celles où on va accorder le plus de temps. Voici les canaux proposés : trouver un alumni grâce à l’annuaire de votre école (déjà fait à l’étape précédente), utiliser Linkedin, utiliser Facebook, utiliser une interview, téléphoner à froid au standard.

On enchaîne avec l’email en 5 points. Voici les 5 points :

  1. Il comporte moins de 100 mots
  2. Il ne mentionne JAMAIS le mot « emploi » ou « recherche » ou même le nom d’un poste
  3. La priorité est de créer une connexion
  4. Vous devez généraliser votre intérêt
  5. Vous devez garder la main sur la relance

Il donne ensuite un exemple de cet email (que je vais traduire approximativement de l’anglais) :

Sujet : élève en MBA à la Sorbonne ayant besoin de votre avis

Cher M.Dupont,

Mon nom est Nicolas Galita et je suis en première année à la Sorbonne pour un MBA. J’ai trouvé vos coordonnées dans l’annuaire des anciens de la Sorbonne. Pourriez-vous m’accorder 20 minutes pour me parler de votre expérience chez IBM ? Je tente d’en apprendre davantage à propos des carrières en marketing dans les entreprises technologiques en Provences-Alpes-Côte-d’Azur et votre expérience pourrait vraiment m’aider.

Je sais que vous pouvez être particulièrement occupé en ce moment donc si nous n’arrivons pas à nous avoir sur cet email, j’essaierai de vous recontacter par email la semaine prochaine pour voir si c’est plus pratique pour vous.

Merci pour votre temps.

Nicolas.

Chaque point de l’email est justifié dans le livre donc je vous laisse le découvrir. Mais détaillons tout de même le point 4 qui n’est pas évident. Par « généraliser l’intérêt » il parle de la phrase : « Je tente d’en apprendre davantage à propos des carrières en marketing dans les entreprises technologiques en Provences-Alpes-Côte-d’Azur et votre expérience pourrait vraiment m’aider. »

On ne dit pas qu’on veut se renseigner sur IBM, on dit qu’on veut se renseigner sur le secteur global de la région. Pour éviter de mettre la pression sur l’interlocuteur. En ce qui concerne le point 5, rappelez-vous on l’avait déjà vu ensemble dans cet article : arrêtez de laisser la chance s’occuper de votre recherche.

Troisième moment : le suivi. Cette fois-ci, la méthode s’appelle : 3B7. Il s’agit tout bêtement de se servir d’un calendrier (et surtout pas le faire dans le tableau) pour avoir une routine de relance.

3 pour 3 jours. B pour « Business » donc « jour ouvré » en français et 7 pour 7 jours. Il s’agit donc d’envoyer un email, par exemple, le vendredi 27 mai. On attend ensuite 3 jours ouvrés (le weekend ne compte donc pas), ce qui nous amène à un email de relance le mercredi 1er mars. Puis on attend encore 4 jours ouvrés (donc 7 jours ouvrés après le premier email) et on arrive au mardi 7 mars.

(Si vous êtes en Guadeloupe, vous aurez remarqué le piège : le 27 mai n’est pas un jour ouvré pour vous).

Autre subtilité : on va mélanger une approche séquentielle avec une approche groupée. Au lieu d’envoyer un email à tous les points de contact qu’on a trouvé au sein de la même entreprise (ce qui peut faire bourrin et brouillon) on va le faire un par un MAIS avec un décalage. Donc on commence par un email au contact A, puis on attends 3 jours ouvrés. On envoie alors la relance au contact A mais aussi le premier email au contact B. On attend 3 jour ouvrés et on envoie alors la relance au contact B mais aussi le premier email au contact C. Et ainsi de suite. (Si vous avez une bonne vision du calendrier dans votre tête vous remarquez que le jour ouvré juste après on doit faire la deuxième relance du contact A).

Voilà qui nous amène à la troisième grande étape de la recherche. 50 minutes. Avec les 70 minutes de la première nous voici déjà à 120 minutes, donc deux heures. Et oui…le titre est mensonger. En vrai la méthode est en 2h + nx45 minutes, n étant le nombre d’entretiens (tout de suite moins vendeur). Et voici les prochaines nx45 minutes.

Étape #3 : Recruter un ambassadeur. Grâce à un entretien informationnel. Savoir de quoi parler via la méthode TIARA.

Voici sa subdivision :

Recherches : 15 minutes
Discussion : 30 minutes
Suivi : au fil de l’eau

Temps total : 45 minutes par entretien

Le but de cette partie est de se préparer à l’entretien informationnel. L’entretien informationnel est un concept qui a été inventé dans « De quelle couleur est votre parachute ? » en 1970 (quand je vous dis qu’on n’a pas besoin de réinventer la roue). L’idée est d’aller voir quelqu’un qui n’est pas un recruteur : un futur collègue, ou manager ou juste quelqu’un de l’entreprise. Le tout afin d’obtenir des informations sur l’entreprise et commencer à construire une relation avec quelqu’un là-bas qui pourra devenir votre ambassadeur.

« Si la recherche d’emploi était logique et équitable, les annonces seraient sans aucun doute la route la plus directe vers l’emploi. Cependant, la recherche d’emploi n’est pas équitable. Les chercheurs d’emploi avec le meilleur réseau d’ambassadeurs – et non pas ceux qui ont les meilleures qualifications – obtiennent le job »

Commençons avec la partie recherches. Il s’agit de rassembler de l’information à propos de l’entreprise cible. L’idée étant d’y passer 15 minutes maximum, en étant efficace. Malheureusement les canaux qu’il donne sont américains, il va vous falloir adapter et ruser un peu. Mais on a Google aussi en France. Le but étant d’éviter de poser une question pendant l’entretien dont la réponse est en première page de Google.

Il conseille également de se préparer aux 3 grandes questions de l’entretien. Même si l’entretien informationnel n’est pas un entretien de recrutement vous devez être prêt si jamais ça le devient.

On les a déjà vues ici : les 3 uniques questions à préparer pour un entretien de recrutement

En résumé : qui êtes-vous ? Pourquoi vous voulez rejoindre cette entreprise en particulier ? Pourquoi vous voulez travailler dans cette industrie/fonction (ex : luxe/marketing) ?

Vous voilà paré à passer à l’étape discussion, donc l’entretien en soi avec un ambassadeur.

Cette-fois le moyen mnémotechnique s’appelle TIARA. Tendances, Insights, Conseil (Advice), Ressources, Prise d’information (Asignments). Dans cet ordre. Je ne vais pas détailler mais voilà un exemple de question dans chaque catégorie :

Tendances : « quels ont été les plus grands changements de votre industrie depuis que vous y avez commencé ? » ou « quels seront… »

Insights : « qu’est-ce qui vous a le plus surpris en rejoignant cette entreprise ? »

Conseil : « qu’est-ce que vous auriez aimé savoir avant quand vous étiez dans ma position ou à mon âge ? » / « Si vous étiez moi comment maximiseriez-vous vos chances de succès dans cette fonction/industrie ? »

Ressources : « Vous avez un livre, un article, un site web, une vidéo à me conseiller ? »

Prise d’information : « Quels sont les projets les plus importants en ce moment dans l’entreprise ? »

L’idée de ce modèle est de réussir à transformer un inconnu en mentor. Les gens adorent la position de mentor. Les 4 premières catégories (TIAR) servent à construire la connexion humaine. La dernière (A) sert à mettre explicitement dans cette position de conseiller.

Il donne également un conseil conversationnel que j’avais négligé. J’ai cru le découvrir récemment dans un manuel de drague. Mais en fait il le disait déjà et j’avais surligné mon édition. Je n’en ai pourtant aucun souvenir. Alors ne passez pas à côté ! Il s’agit de comprendre que les affirmations sont plus faciles à digérer que les questions. Donc plutôt que de demander « qu’est ce que je pourrais faire chez vous, selon vous ? », il vaut mieux proposer quelque chose et laisser la personne proposer et faire des contre-propositions. Il est plus facile de réagir à une idée que d’en inventer une. Dites plutôt « j’ai l’impression que je pourrais vous aider au niveau marketing selon ce que vous dites, vous en pensez quoi ? ».

Avant le TIARA qui est le gros de l’entretien, il suggère de commencer par du « small talk ». Vous savez, le bavardage que l’on fait au début pour se connecter avec quelqu’un. C’est ce que fait votre tante quand elle vous demande quel temps il fait à Paris en ce moment. Et il suggère de terminer par une phase de clôture. Les commerciaux reconnaîtront le concept du « closing ».

L’auteur propose donc de « closer » en proposant explicitement une suite à votre interlocuteur. L’idée étant de ne pas parler d’emploi la première fois (sauf si votre interlocuteur le fait spontanément). Et de finir avec quelque chose comme :

« Les 30 minutes que j’avais promis sont écoulées. Merci beaucoup pour votre temps, vous m’avez donné énormément d’information et votre entreprise a l’air intéressante.

Je vais prendre quelques jours pour digérer toute cette information. Si, après réflexion, dans le cas où il me semblerait que votre entreprise et moi pourrions mutuellement trouver quelque chose à faire ensemble, est-ce que je pourrais revenir vers vous pour que vous me conseilliez sur la meilleure manière de procéder ? »

Enfin, nous voici à la partie suivi. Il propose de faire un suivi tous les mois. Donc, un mois après vous envoyez un email qui fait 4 choses : remercier encore, résumer les conseils donnés précédemment, expliquer ce que vous avez réussi à obtenir grâce à ses conseils, une demande de conseils supplémentaires. Cette partie est souvent manquante car elle demande de l’investissement : mais il n’y a rien de plus frustrant quand on est ambassadeur d’aider quelqu’un et de ne plus entendre parler de lui. En revanche, si cette personne vous tient régulièrement à jour de ses avancées grâce à vous, vous aurez tendance à continuer à l’aider.

Et nous voici au bout de la méthode 2 hour job search ! Je vous la recommande plus que chaudement. En revanche je m’excuse d’avance. Vous l’avez peut-être déjà compris mais ce livre n’est pas disponible en français. Si jamais vous ne voulez/pouvez pas lire un livre en anglais je vous conseille le classique « De quelle couleur est votre parachute ? » ou « Guerilla Marketing pour trouver un emploi ». Mais, j’insiste au cas où vous hésitiez : the 2 hour job search est bien bien plus efficace.

 

Livre #3 | Business Model You

« La plupart des gens qui échouent à trouver le job de leur rêve n’échouent pas parce qu’ils manquent d’information sur le marché du travail ou les méthodes de recherche. Ils échouent parce qu’ils manquent d’information sur eux-mêmes. »

Business Model You propose de réfléchir sur ce que vous voulez vraiment pour votre carrière. Probablement une des questions les plus complexes à résoudre. Mais on devrait tous commencer par ça. Plutôt que d’inonder des CV au hasard. Aucun CV ne réfléchira jamais à votre place. Et si des projets comme Switch Collective ont un tel succès c’est bien parce qu’on ne prend pas assez le temps d’explorer cette question.

Je suis effaré par le nombre de gens qui se posent cette question très tardivement. 7 ans après le début de leur carrière par exemple. Mais je comprends : quand on étudie on finit par se laisser aspirer par un chemin tracé. Nous, par exemple, en école de commerce c’était le chemin : consultant/auditeur. Gros salaire, 50% de la promo qui y finit…mais dépression assurée pour les trois-quarts (dur d’être épanoui en comparant des lignes Excel une par une, même quand on met un costard pour se donner de l’importance). Il y a des gens qui sont vraiment faits pour ces métiers : mais assurément pas 50% d’une classe.

Voilà ce qui arrive quand on esquive la question de ce que l’on veut vraiment. Business Model You est là pour vous aider. Malheureusement, il est presque impossible de résumer ce livre. Contrairement au précédent qui est une méthode compacte, il s’agit ici davantage de faire germer des questions. On peut donc même lire ce livre dans le désordre une fois qu’on a lu la définition de la matrice du Business Model.

Voici, en vrac, les exercices qui ont eu le plus d’impact dans ma vie :

L’héritage de l’oncle Ralph (je vous en ai parlé des milliers de fois, notamment dans cet article : Trouver sa voie professionnelle en 3 questions)

La ligne de vie : qui consiste à faire la liste des événements de sa vie professionnelle et personnelle et d’analyser ceux qui nous ont rendu heureux et malheureux pour voir s’il y a une logique. Par exemple, je sais que tout ce qui est lié à l’administratif me fait souffrir. En revanche, un des pics de ma vie à 18 ans était d’avoir improvisé un discours chaleureusement applaudi à la remise du bac devant une centaine de personne. J’ai même eu un reporter de la télévision locale qui a commenté « un orateur qui a battu le record à l’applaudimètre ». Quand j’ai constaté ce pic dans l’exercice, je ne savais pas quoi en faire. Aujourd’hui, une grande partie de mon métier consiste à donner…des conférences.

Le jeu des adjectifs : consiste à envoyer à vos proches une liste d’adjectifs et à leur demander de choisir ceux qui vous conviennent le mieux. Vous serez étonné par le décalage entre vos réponses et leurs réponses. Vous serez également étonné par le décalage entre les réponses des différents cercles (famille, collègues, amis, profs, etc).

Vous pouvez trouver l’exercice plus détaillé en vous inscrivant à mon programme email « un outil de recherche par jour ». Mais si vous n’avez pas la patience d’attendre 19 jours voici directement un lien vers l’email :  jour n°19, les adjectifs

Ainsi que de quoi télécharger la liste des adjectifs : http://dessinetoiunemploi.com/wp-content/uploads/2016/02/Lexercice-des-adjectifs-extrait-du-livre-Business-Model-You-dAlexander-Osterwalder.pdf

La une du journal : ici il s’agit d’imaginer que vous faites la une des journaux d’ici deux ans. Quel est le titre de l’article ? Que dirait-il ? Vous aimeriez que ça soit sur quel sujet ? Rédigez certaines des citations qu’on aurait pris de vous.

Les trois questions : cet exercice est très simple.

« 1. Remémorez-vous un instant où vous vous êtes senti comblé, épanoui (servez-vous de la ligne de vie page 99 pour retrouver des événements). Que faisiez-vous ? Pourquoi était-ce si agréable ? Décrivez vos sensations le plus précisément possible.

2. Donnez le nom d’une ou deux personnes qui sont des exemples pour vous. Qui admirez-vous le plus et pourquoi ? Notez plusieurs mots qui décrivent cette personne.

(…)

3. Quelle image aimeriez-vous que vos amis gardent de vous ? Notez ce que vous aimeriez qu’ils disent de vous lorsque vous ne serez plus là. »

Le « je voudrais aider des gens en faisant telle chose » : dans cet exercice on fait un tableau à trois colonnes. Une colonne « gens », une colonne « faire » et une colonne « chose ». Et on écrit autant de lignes qu’il faut. Par exemple : je voudrais aider des chercheur d’emploi en écrivant des articles sur un blog.

La roue de vie : on fait un camembert à 8 parts. On nomme chaque part : vie professionnelle, amour, santé, argent, etc. Et on remplit plus ou moins la part selon le niveau de satisfaction qu’on éprouve en ce moment dans ce secteur.

Et il y a encore d’autres exercices que je vous laisse découvrir directement dans le livre !

Conclusion

Voilà. Si vous lisez ces 3 livres vous n’avez plus besoin de me lire. 95% de ce que je dis est contenu dans ces 3 livres. J’ai écrit cet article pour les plus motivés et motivées d’entre vous. Comme ça, quand vous avez une question à laquelle je n’ai pas répondu sur ce blog vous pouvez directement chercher la réponse dans ces 3 livres.

Pendant qu’on y est, voici deux lectures supplémentaires pour vous remercier d’avoir été jusqu’au bout de l’article.

  1. The Subtle Art of not giving a Fuck (disponible en français mais je suis sceptique sur la VF). Si vous n’êtes pas bien dans votre vie c’est dur de chercher un emploi efficacement. Cet ouvrage vous permettra de développer les bons réflexes de développement personnel.
  2. How to talk to anyone (disponible en français sans souci). Une suite de petites astuces qui permettent d’apprendre les arcanes de l’art de la conversation dans tous les contextes.