Comment déjouer un barrage téléphonique ?

Une des choses qui effraie le plus les chercheurs : prendre son téléphone pour obtenir des informations.

Peur

Pourtant, c’est souvent la manière la plus efficace de procéder (et même parfois la seule). Imaginez que vous ayez identifié le nom d’un recruteur travaillant chez Link Humans : Laurent Brouat. Vous avez vu une annonce mais vous vous refusez d’envoyer votre candidature sur un e-mail du type recrutement@linkhumans.fr (et vous avez bien raison !).

Il vous faut donc trouver qui est en charge du recrutement du poste en question. Vous allez donc trouver le numéro du standard (avec Google Maps ou sur le site de l’entreprise).

Et ensuite…vous appelez. Le jeu commence !

FauxTelephone

 

«Bonjour, Nicolas Galita, j’aimerais parler à Laurent Brouat»

Soit on vous passe Laurent et c’est gagné, soit on vous demande d’expliquer pourquoi vous voulez lui parler. Faîtes-le comme si vous étiez ravi qu’on vous laisse la possibilité de le faire. Ne vous agacez pas, ne le vivez pas comme une épreuve : c’est votre chance de laisser une bonne impression.

« Et bien j’aimerais parler avec lui de l’offre d’emploi qu’il a posté la semaine dernière.»

N’hésitez pas à faire silence et à attendre plutôt qu’à vous noyer en justifications.

Encore une fois, soit on vous passe Laurent et c’est gagné, soit vous coupez court poliment à la conversation.

N’acceptez surtout pas les scénarios du type : « laissez-moi vos coordonnées et il vous recontactera». Exécutez-vous poliment si vous ne voulez pas dire non mais ne vous en tenez surtout pas à ça. Vous devez maîtriser votre candidature. Hors de question de vous en remettre à la mémoire de quelqu’un qui n’est pas directement impliqué.

Que faire quand on est bloqué par le standard ?

Les personnes du standard sont payées pour filtrer les appels. C’est leur métier et vous ne pouvez pas leur en vouloir ni le prendre personnellement.

Le but est donc d’appeler quelqu’un qui n’est pas formé à la réception d’appels. C’est-à-dire n’importe qui d’autre. Nous allons donc prendre le numéro du standard et changer les deux derniers chiffres, au hasard. Dans le but de tomber sur n’importe qui d’autre.

HasardRoulette

Il va probablement vous falloir essayer trois ou quatre numéros différents mais au bout d’un moment vous allez tomber sur quelqu’un. Dès que vous entendez sa voix, enchaînez sur quelque chose comme :

- Bonjour, ce n’est pas Laurent Brouat à l’appareil ?
- Ah, non…
- Ah pardon ! J’ai dû me tromper en recopiant le numéro. Vous pourriez me le passer ?

Et dans la plupart des cas si la personne peut vous le passer elle le fera. Si ce n’est pas le cas, réessayez avec un autre numéro au hasard jusqu’à ce que vous ayez réussi.

Et si je ne connais pas le nom du recruteur ?

Déjà vérifiez que vous avez bien essayé avec la bonne méthode. L’important est d’avoir un nom, même si vous n’êtes pas sûr qu’il s’agit de la bonne personne : elle vous réorientera de toutes façons. Si vous n’arrivez vraiment pas à avoir de nom, il va falloir procéder un poil différemment. Au lieu de demander à vos interlocuteurs (standard ou personne au hasard) comment joindre Laurent, il va falloir demander le nom de la personne qui s’occupe du recrutement pour le poste qui vous intéresse.

Ce sera probablement un peu plus dur car, dans ce cas précis, même les personnes au hasard auront la tentation de vous bloquer. Avec quelque chose comme :

«Postulez directement à l’annonce»

Ce à quoi vous répondrez :

«Oui c’est ce que je vais faire mais j’aimerais savoir à qui adresser ma lettre de motivation. C’est quand même plus sympathique que d’envoyer une lettre copiée collée avec un vague Madame, Monsieur, non ?»

Attention, c’est une réplique qui doit être jouée un minimum. Si vous le dites sur un ton entièrement sérieux vous aurez l’air arrogant. Il faut donc le dire sur le ton d’une demi-blague et en essayant d’obtenir l’empathie de l’interlocuteur.

RirePetiteFille

De sorte qu’il réponde : «ah oui ! Je comprends !!!».

Comme vous le voyez la démarche est légèrement différente mais pour le reste c’est exactement la même chose : vous appelez d’abord le standard, puis autant de personnes au hasard que nécessaire.

Et une fois que vous avez obtenu un prénom, vous vous servez de LinkedIn pour trouver son nom entier et on est revenu à la situation du début de l’article.

Si vous êtes bloqués car vous n’avez qu’un prénom et que vous ne trouvez pas le nom c’est rebelote. Vous appelez le standard puis des personnes au hasard. Cette fois ci vous dites que vous avez le prénom de la personne mais que vous aviez mal recopié son nom. Etc.

Que faire si on me passe la mauvaise personne ?

Souvent, la personne que vous aurez appelée par hasard sera de bonne volonté mais ne saura pas forcément qui est la bonne personne. Et elle vous mettra en contact avec quelqu’un qui sera davantage susceptible de savoir qui est la bonne personne. Vous n’avez plus qu’à refaire exactement pareil. Avec une nuance : n’oubliez pas que quand un appel est transféré, l’interlocuteur ne sait pas forcément que c’est un appel transféré. Il faudra donc commencer en recontextualisant et, surtout, en donnant le nom de la personne précédente.

« Bonjour, j’étais au téléphone avec Untel qui m’a redirigé vers vous »

Ce qui veut dire que vous ne devez jamais laisser quelqu’un vous transférer l’appel sans lui demander son nom. Pour ce faire il vous suffit de demander avant le transfert :

« Merci beaucoup ! À qui avais-je l’honneur ? »

C’est fondamental car ça vous empêche de repartir à zéro : vos interlocuteurs seront beaucoup plus ouverts à la discussion si vous citez le nom d’un de leur collègue.

L’état d’esprit

En fait, ce n’est pas tant une question technique qu’une question d’état d’esprit. Vous devez vous mettre dans la tête que vous êtes légitime et que ce serait dans l’intérêt du recruteur de recevoir un appel de vous.

SautMotoCross

Si vous partez dans une optique défaitiste ou hésitante, vos interlocuteurs le sentiront tout de suite et votre taux de succès sera moindre.

Si vous avez vraiment peur (et c’est normal) vous pouvez toujours demander à un de vos amis d’appeler à votre place pour la première phase.

Voilà ! Pour le prochain article (demain ou mardi prochain) on verra quoi faire une fois qu’on a réussi à avoir le recruteur au bout du fil.

  • mounir

    Excellent l’article ;)

    • Nicolas Galita

      Merci Mounir :D

  • Tiphaine

    merci pour l’article, il permet de voir les choses autrement :)

    • Nicolas Galita

      Merci Tiphaine ! Y’a plus qu’à ;-)

  • David

    super article,

    merci pour ces infos, j’espère en tirer le meilleur !

    • Nicolas Galita

      Y’a plus qu’à !!!!!

  • Kat

    Merci pour cet article !

    Lors d’un atelier à l’APEC, le consultant nous avait dit répondre à chaque barrage : « c’est personnel ».
    Selon lui, la secrétaire ne va pas s’aventurer à savoir de quoi il s’agit sans risquer de faire une faute professionnelle…

    Qu’en penses-tu ?

    • Nicolas Galita

      Hello Kat,

      C’est une technique de commercial des années 90. Je ne l’aurais pas tentée mais je serais curieux de savoir ce que ça donne pour toi si tu essaies !

  • Eric SAULNIER

    Déja essayé avec succès ! Je tentais de joindre une DAF et après avoir réussi elle était même impressionnée par le côté malin de la chose.
    Du coup la discussion s’enchaîne et elle se souvient de nous.

    • Nicolas Galita

      Aaaaaaah super :D :D :D !!!

      Bien joué !

      Oui c’est sûr qu’on laisse une marque plus forte dans la mémoire de ses interlocuteurs du coup !