Comment parler de soi ? (partie 1)

Parlez-moi de vous…

Cette première phrase en entretien fait peur à beaucoup d’entre vous !

PeurQuestionEntretien

Et, de manière plus générale, vous êtes nombreux à avoir du mal à parler de vous, à vous raconter. Et pour cause : personne ne nous apprend jamais à nous vendre. Quand on est enfant c’est même l’inverse : on nous apprend plutôt à être humbles et à ne pas trop sortir des normes.

Par conséquent, on se sent vite mal à l’aise quand on doit se raconter. Et on tombe dans le travers le plus courant : on se décrit au lieu de se vendre. Or, si vous y réfléchissez bien, combien de fois avez-vous vu de publicités où l’on vous décrivait le produit trait par trait, comme dans la notice ? Décrire ça n’est pas vendre, ni raconter. (D’ailleurs la formulation de la question est très piégeuse : on n’attend pas de vous que vous parliez, on attend de vous que vous vendez).

Je vais vous parler de moi en me décrivant et non pas en me vendant. Je vous préviens, ça risque de ne pas être très captivant…

« J’ai eu mon baccalauréat scientifique en 2006, en Guadeloupe. Ensuite j’ai fait une prépa PCSI-PC, toujours en Guadeloupe. Puis finalement j’ai passé un concours d’école de commerce en même temps que les concours d’écoles d’ingénieurs et j’ai choisi l’école de commerce.

J’ai donc rejoint Télécome Ecole de Management, qui s’appelait l’INT à l’époque. À Evry. À l’issue de la première année, j’ai effectué un stage à EDF. 6 semaines en marketing et 7 semaines en RH.

À l’issue de la seconde année, j’ai fait une année de césure à IBM. J’étais Sales Assistant. J’étais en binôme avec une Sales Operation. J’assistais les ingénieurs d’affaires, en support.

De retour à l’école, en troisième année, j’ai fait un master IAI. Pour devenir ingénieur commercial. Sauf qu’au fil des premiers entretiens, j’ai compris que je ne voulais plus être ingénieur d’affaires.

Je suis donc ensuite parti sur une création d’entreprises, sur une idée qui n’était pas la mienne : lancer un cabinet de recrutement spécialisé dans le recrutement de développeurs. Finalement, après deux ans, j’ai arrêté et j’ai rejoint Link Humans, où je travaille actuellement en tant que formateur. »

EnnuiRecitDevie

Et voici maintenant la version où je parle de moi en racontant et non en décrivant :

« Rien ne me prédestinait au monde du recrutement. Encore que…ma mère a toujours été dans ce secteur donc peut-être qu’inconsciemment… En tout cas, mon affinité était plutôt du côté du monde des startups. J’avais découvert le monde des startups grâce à mon professeur d’innovation.

En effet, il était lui-même investisseur dans plusieurs start-up et il nous avait fait passer une semaine dans une start-up. C’est au cours de cette semaine que je suis tombé amoureux de ce monde.

Or, je me suis rendu compte que les start-up que le plus grand problème des start-up c’était souvent, non pas l’argent, mais de trouver un développeur.

J’ai trouvé ça vraiment étonnant étant donnée la conjoncture actuelle. J’ai voulu comprendre pourquoi. J’ai donc monté un cabinet de recrutement qui aidait les start-up à trouver des développeurs. Pour comprendre le coeur du problème.

Et il s’avère que le métier de développeur est un métier en pénurie. C’est extrêmement difficile d’en trouver. On estime la moyenne de chômage d’un bon développeur à 7 jours. Et pendant ces 7 jours il peut avoir 7 sollicitations d’emploi.

On ne peut donc pas recruter un développeur en postant simplement une annonce. Si vous postez une annonce pour trouver un développeur iPhone et que vous avez ne serait-ce qu’une réponse, vous sautez au plafond. Non, il faut aller les chercher. Faire ce qu’on appelle du sourcing. Je me suis donc formé en auto-dicacte au sourcing. Dans le même temps, j’ai partagé mes découvertes dans un blog qui s’appelait Les Sourceurs et qui dévoilait toutes les astuces de sourcing que je pouvais trouver.

C’est ce qui m’a fait repérer par Link Humans (une start-up évidemment), où je suis actuellement. Chez Link Humans j’exerce mes deux passions qui sont la pédagogie et l’écriture puisque j’aide les recruteurs à pratiquer le sourcing au travers de formations et que j’écris en parallèle des articles, sur le Blog Link Humans, pour partager mes astuces de sourcing.

D’ailleurs, grâce à ça, je donne également des cours en école de commerce sur le recrutement. Mon père est prof, ma mère est dans le recrutement, je donne des cours de recrutement : la boucle du destin est bouclée ! »

J’espère que c’était plus captivant à lire ? Vous voyez d’ailleurs qu’on peut être plus long tout en étant plus captivant. Qu’est-ce qui a changé ? Et bien cela tient en 6 concepts : l’angle, la perspective, la construction de cohérence, l’unité de temps, la profondeur et la déjargonnisation. (Ce ne sont pas des concepts scientifiques, j’ai juste essayé de donner un nom à ce que je fais intuitivement pour pouvoir le transmettre).

Voilà ! Je vous laisse avec ça pour l’instant. Dans la suite de cet article (demain ou après-demain) j’essaierai de développer et d’expliquer ces 6 concepts que je viens de sortir de mon chapeau.

  • François

    Très intéressant; vivement la suite !

    • Nicolas Galita

      Merci François ! Je viens de finir la suite :D.

      • François

        Par contre à la place de « Parlez-moi onnée vous… » tout au début, ne serait-ce pas « Parlez-moi DE vous… » ?

        • Nicolas Galita

          Oulah cette typo de dingue ! Merci François pour ta vigilance ;-). C’est corrigé.

  • Gillet

    Bonjour,

    Effectivement c’est bien quand on a bac + 5 et qu’on chercher un job très spécifique. Mais faites la même chose pour un poste de caissiere ou de vendeuse…

    • Nicolas Galita

      Nah j’ai la flemme ^^.

  • Gillet

    Bonjour,

    Pourriez-vous faire la même chose pour un poste de vendeuse, Caissiere, agent d’entretien, Secretaire…

    Ce serait plus réaliste et ça parlerai à plus de monde

    • Nicolas Galita

      Non, la flemme ^^.