Comment trouver sa voie professionnelle en 3 questions ?

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La première question que l’on me pose c’est toujours : « comment faire mon CV ? ». Et si ce n’est pas ça c’est quand même quelque chose en lien avec le CV. Comme si le CV était LA chose la plus importante d’une recherche. Or, la chose la plus importante d’une recherche c’est ce que vous cherchez ! (D’ailleurs vous remarquerez que je n’ai pas fait un seul article sur le CV jusqu’à maintenant).

Si vous ne savez pas vraiment ce que vous voulez vous aurez forcément du mal à le trouver ! Ce qui est marrant c’est que pendant toute notre enfance on nous pose en permanence la question « qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?». Je ne sais pas pour vous mais moi c’est un grand traumatisme de mon enfance, je faisais presque des crises d’angoisse en pensant à cette question.

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C’est idiot de poser cette question à un enfant. En tout cas sous cette forme. Et puis, subitement, on arrête de vous poser la question. Une fois que vous êtes engagés dans un master d’ingénieur, plus personne ne vous demande ce que vous voulez faire car ça paraît évident. Et c’est comme ça que je vois plein d’amis atterir dans des métiers qu’on a voulu pour eux.

En résumé, quand il est trop tôt, on nous pose la question un millier de fois. Puis, quand c’est le moment, on ne la pose plus du tout ! Parce qu’on se laisse happer par la routine. J’ai eu la chance d’avoir été obligé de lire un livre qui s’appelle Business Model You (pour l’enseigner à des élèves) qui propose un exercice dans ce but : l’héritage de l’Oncle Ralph.

L’héritage de l’oncle Ralph : énoncé de l’exercice

Votre Oncle Ralph vous lègue 10 millions d’euros.

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Mais pour les obtenir il va falloir suivre les instructions du testament. Il va falloir quitter votre emploi et passer deux ans à vous consacrer à des tâches (précisées plus bas). Pendant ces deux premières années vous n’avez pas l’argent sur votre compte mais vos dépenses courantes sont couvertes.

Année 1 : apprendre

Vous devez passer toute l’année à apprendre, au sens très large. Vous n’êtes pas obligé(e) d’aller à l’école, ni d’apprendre quelque chose d’académique. Il faut juste apprendre quelque chose.

Année 2 : la cause

Vous devez trouver une cause à soutenir qui aidera les gens à l’échelle de votre quartier/ville/pays/planète. Encore une fois au sens large.

Année 3 : vous avez 10 millions d’euros

Vous avez désormais les 10 millions d’euros sur votre compte. Où vivez-vous ? Avec qui ? Comment occupez-vous vos journées ? Ne vous focalisez pas votre réponse sur l’argent mais sur le temps. Peu importe comment vous dépensez votre argent, comment dépensez-vous votre temps ?

Ne répondez pas comme tout le monde

Ce qui est marrant avec cet exercice c’est qu’alors qu’il nous libère de toute contrainte financière (fictivement, certes) on a quand même tendance à ne pas dire ce que l’on veut mais ce que l’on pense qu’il faut vouloir.

La dernière fois que je l’ai fait à des élèves, l’un d’entre eux a répondu qu’il voulait faire des pizzas et tout le monde a rigolé. Comme s’il pouvait exister une mauvaise réponse de ce qu’on veut faire de sa vie. Alors que moi ce qui me fait plutôt rire c’est que la moitié des gens répondent tous la même chose.

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Voilà ce que la moitié des gens répondent spontanément :

« En année 1 j’apprends le chinois/le russe/l’anglais. En année 2 je vais http://parmacieenligne.com/levitra.html dans une association humanitaire en Afrique. En année 3, je fais le tour du monde/je profite de la vie. »

Et souvent quand on creuse la défintion de « tour du monde » c’est en gros : les États-Unis, l’Australie et la Thaïlande. Et quand on creuse « profiter de la vie » c’est « acheter plein de trucs ».

Si votre réponse ressemble à ça, je vous invite à y repenser et à vous demander si c’est ce que vous voulez vraiment vous ou ce que vous pensez qu’il faille vouloir.

C’est bien gentil mais ça me sert à quoi ?

J’obtiens souvent des réactions incrédules en proposant ce exercice. Parce qu’on se dit que ça ne sert à rien d’imaginer ce scénario qui n’arrivera jamais.

Pourtant, qu’est-ce qui nous empêche de commencer à faire ce qu’on ferait en année 1 ? Qu’est-ce qui vous empêche de commencer à apprendre le chinois ? 10 minutes par jour ? L’année 2 est déjà plus difficile à réaliser.

En ce qui concerne l’année 3, je vous concède que c’est souvent quelque chose qui est lointain à l’instant t. Mais c’est l’équivalent d’une boussole. Quand une boussole vous indique le nord, même si vous n’allez pas arriver au Pôle Nord dans la seconde c’est intéressant de connaître sa direction.

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L’année 3 devrait être le nord de votre boussole professionnelle. La chose dont vous essayez de vous rapprocher à chaque pas de votre vie professionnelle. Que ça soit en trouvant une manière d’être rémunéré pour le faire, ou alors d’accumuler suffisamment de capital pour le réinvestir dans votre rêve.

N’oubliez pas que tout voyage se fait en mettant un pied devant l’autre, un pas après un pas. Il faut donc commencer petit, mais il faut commencer. Par exemple, quand quelqu’un me dit en année 3 qu’il veut voyager je lui demande ce qui l’en empêche. En commençant petit (les villes voisines puis les pays voisins) et en s’organisant on peut très bien voyager une fois par mois pour le même budget que ce que met un fumeur moyen dans ses cigarettes.

Comment ça m’a servi à moi ?

J’ai commencé mon parcours professionnel en montant une boîte qui proposait des services aux recruteurs. L’archétype de la liberté, non ? C’est ce que je pensais vouloir. Probablement parce que c’est ce que l’on s’imagine vouloir. Puis, j’ai fait l’exercice de l’Oncle Ralph. En année 3 j’avais répondu que je voulais passer mon temps à écrire, danser et enseigner. Je me suis rendu compte que je n’allais pas du tout vers le bon nord en montant cette boîte.

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Or, il se trouve qu’une entreprise m’avait proposé, 6 mois auparavant, de venir les rejoindre pour écrire des articles et faire des formations. D’un coup c’était la bonne direction. Aujourd’hui c’est dans cette entreprise que je suis.

Alors, évidemment, dans mon cas le timing a été plus que favorable. Mais même s’il ne l’avait pas été j’aurais fait un pas vers mon nord. Le blog que vous lisez, j’ai commencé à travailler dessus justement parce que je cherchais un moyen de me permettre d’écrire régulièrement, quoi qu’il arrive.

J’arrête de vous raconter ma vie mais l’idée c’est que vous devez connaître votre Nord, puis ne jamais le perdre de vue. Sinon vous allez errer un bon moment avant de vous rendre compte que vous n’avez jamais vraiment voulu être consultant(e) et qu’en fait ce que vous voulez vraiment c’est de faire des pizzas à Rio.

  • Agathe

    Merci pour cet article plein de bon sens ! Enfin quelqu’un qui remet les valeurs consuméristes en cause…

    En plus d’être très bien écrit, votre article est clair et concis et votre méthode sans failles. Merci !

    Bonne journée.

    • Nicolas Galita

      Merci pour ce commentaire sympathique Agathe 😀

      J’espère que cela vous servira !

  • Mariana

    J’adore tes articles et ta manière d’écrire. Je connaissais pas l’exercice, c’est bon de le faire et refaire de temps en temps.

    • Nicolas Galita

      Merci Mariana 😀 😀 😀

      Oui, c’est un exercice salutaire !

  • Alice

    C’est tellement agréable et rassurant de lire enfin ce genre d’articles, qui dit tout haut ce que je/nous pensons tout bas. A partager sans modération !

    • Nicolas Galita

      Merci Alice 😀 😀 😀

  • Pauline Bernard

    Super article, très intéressant et très bien écrit ! 🙂

    • Nicolas Galita

      Merci Pauline 😀