2 croyances fausses à éliminer de votre recherche d’emploi [études de cas incluses]

Aujourd’hui Uriel a proposé d’écrire un article invité ! J’ai accepté avec d’autant plus de plaisir qu’Uriel fait partie des rares personnes dont je respecte le travail sur le sujet de la recherche d’emploi. Uriel fait tellement de choses que ça va être dur de vous résumer. Mais en bref, il a écrit un livre sur la recherche d’emploi qui s’appelle Décrochez le job de vos rêves en 5 rounds. (Il adore les métaphores de boxe, je ne sais pas pourquoi). Certains et certaines d’entre vous avez d’ailleurs participé à la relecture de ce livre.

La grande différence d’avec moi (et beaucoup d’autres acteurs) c’est qu’il a réussi à accomplir ce que j’avais annoncé l’an dernier mais que j’ai échoué. À savoir, faire du thème de son blog son activité professionnelle. Afin de se consacrer à plein temps. Je pense que c’est la seule manière de faire un contenu durable. Faire un blog le soir et le weekend comme moi est un équilibre dangereux car au moindre changement dans votre vie personnelle et/ou professionnelle (ce qui est mon cas) ça peut vite devenir impossible.

Il prépare donc en ce moment un gros événement en ligne pour aider les chercheurs d’emploi (du 10 au 20 octobre prochain). Ce sera une grosse semaine avec plein de contenus gratuits (des articles, des vidéos, des conférences en ligne).  Et il a besoin de gens pour voter sur les thèmes les plus pertinents à proposer. Si ça vous dit, rendez-vous sur ce formulaire et votez pour vos thèmes préférés : 

Je vote pour mes thèmes préférés en cliquant ici

Voilà. C’est tout pour moi. Laissons Uriel parler, maintenant ! RDV à la fin de l’article.


——

La recherche d’emploi est remplie de croyances erronées acceptées dans l’inconscient collectif. Dans les lignes qui suivent, je vais puncher 2 idées reçues que vous considérez peut-être encore vraies… pour le moment.

La première concerne l’envoi des candidatures, la seconde aura pour sujet le rapport de force pendant les entretiens d’embauche.

Fausse croyance #1 : plus vous postulez, plus vous avez de chances de trouver un emploi

Celle-ci fait pas mal de dégâts à votre moral et à votre motivation. Voici la fausse croyance à dégommer dare-dare : « Plus vous postulez, plus vous avez de chances de trouver un emploi ».

Je prétends que c’est exactement l’inverse qui se produit. En réalité, plus vous postulez plus votre score est faible (je parlerai de l’exception plus tard). Pour avoir plus de chances de trouver un emploi, vous ne devez pas favoriser la quantité, mais la qualité de vos candidatures EN PREMIER !

Je reçois pratiquement tous les jours des demandes du type « Uriel, que pensez-vous de mon CV ». Si je pouvais être franc et donc politiquement incorrect, la vérité serait très rarement agréable à entendre.

Cela dit, vous n’êtes pas sans savoir que personne n’est d’accord sur la façon de faire un bon CV. En une seule journée, vous aurez des avis diamétralement opposés (dont le mien). Alors que faire dans tout ce brouhaha ? Je ne vais pas réellement vous donner mon avis, car j’ai décidé qu’il y avait un bien meilleur juge…

La définition universelle du bon CV

Au lieu de tenir compte des avis des uns et des autres (le mien y compris), laissons vos résultats être les seuls juges. Ils ont l’avantage d’être justes et complètement impartiaux. Si vous n’arrivez pas à obtenir d’entretien malgré des centaines de CV envoyés, c’est que votre CV est forcément mauvais. D’un point de vue strictement pragmatique en tout cas.

Même si mamie Jacqueline vous disait que votre CV était au top, si le nombre d’entretiens est faible (ou carrément nul), ne soyez pas dupe : vous devez revoir votre copie !

Alors qu’est-ce qu’un bon CV ? C’est simple : c’est un CV qui vous permet de décrocher un entretien de façon quasi systématique. Pas 1 fois sur 100, ni 1 fois sur 10, ni 1 fois sur 5, mais presque à tous les coups !

Comment le mesurer ? Et bien on va calculer ce que j’appelle le TED : le Taux d’Entretiens Décrochés. Rien de bien compliqué ni de barbare, je vous rassure. On prend le nombre d’entretiens décrochés et on le divise par le nombre de candidatures envoyées.

Dans la pratique de mon métier, il arrive très souvent que mes clients aient au départ un TED très faible (compris entre 0 à 8 %) !

Étude de cas #1 : l’intérêt des candidatures efficaces

Céline était en recherche d’emploi. Comme beaucoup, elle a commencé par chercher des conseils sur Internet. Elle a tenté plus d’une centaine de candidatures qui lui ont permis de décrocher 2 entretiens. C’est ce que j’appelle la phase des candidatures mises KO…

Céline a envoyé 108 candidatures. Voici donc la valeur de son TED :

TED =2/108=1.85%

En clair, le CV de Céline a eu une efficacité de 1.85 %. Il lui faut réaliser 54 candidatures pour décrocher un 1 seul entretien (108/2). Comme vous pouvez le constater, l’efficacité laisse plutôt à désirer.

Si votre TED est bien inférieur à 20 % et que vous continuez à penser que Mamie Jaqueline a raison, il ne vous reste plus qu’à recommander votre sort à la chance, car vous en aurez sacrément besoin… Mais faisons une petite « avance rapide » dans le temps pour rentrer dans la phase des candidatures qui mettent KO les recruteurs…

Lorsque Céline a croisé ma route, cela faisait 2 ans qu’elle ne travaillait plus. Son dernier poste occupé était celui de chef de rang. J’ai commencé par lui montrer comment valoriser son parcours. Elle a ainsi pris conscience de ses points forts, ce qui l’a amené à faire des CV beaucoup plus efficaces.

J’ai indiqué à Céline les critères qu’elle devait prendre en compte avant d’envisager la moindre candidature. Ainsi, elle s’est focalisée sur 10 candidatures.

Résultats des courses : 10 candidatures, 5 retours, dont 4 entretiens physiques.

Son TED s’est amélioré de façon très significative :

 TED =4/10=40%

En retravaillant son parcours puis son CV, Céline a multiplié par 20 l’efficacité de ses candidatures ! Avant : Il lui fallait 54 candidatures pour obtenir 1 entretien d’embauche (108/2). Après : il lui faut maintenant 2.5 candidatures pour obtenir 1 entretien d’embauche (10/4).

En seulement 1 mois, Céline parvient à convaincre une enseigne qui l’emploie encore aujourd’hui en tant que responsable de rayons.

En clair, l’efficacité de vos candidatures est le paramètre clé. Sans lui, plus vous postulez, moins vous avez de chance de décrocher un entretien, et donc de trouver un emploi. D’ailleurs, si on pousse le calcul jusqu’au bout, au même rythme et avec l’ancienne démarche de CV il lui aurait fallu 1 mois multiplié par 20 pour obtenir le même résultat. C’est à dire quasiment 2 ans. 

Vous comprenez donc l’impact fondamental du TED. Et surtout, l’intérêt fondamental de le mesurer. Car ce qu’on mesure s’améliore toujours.

Fausse croyance #2 : le recruteur est obligé d’avoir le rapport de force en sa faveur

Décrocher un entretien est un pas en avant qu’il vous faut aborder avec méthode pour obtenir un effet qui – pour beaucoup – semble impossible : inverser le rapport de force avec le recruteur… Oui, vous pouvez être la personne qui choisit l’entreprise et non l’inverse. Voyons ça tout de suite !

Dans l’esprit des candidats, le recruteur est en position de force pour une raison logique : c’est lui qui choisit l’heureux élu.

Dans l’esprit du recruteur bienveillant, le candidat devrait se positionner sur un pied d’égalité avec lui. Malheureusement, obtenir un entretien est parfois très compliqué pour un candidat. Pour ce dernier, considérer le recruteur comme son égal (dans le rapport de force) relève presque de l’utopie.

Dans mon esprit, le candidat doit apprendre à réunir les conditions qui lui donnent l’avantage dans le rapport de force avec le recruteur. Vous m’avez bien lu, je considère qu’un candidat ne doit pas se battre pour convaincre une entreprise. C’est l’entreprise qui doit se battre pour vous recruter. À mon sens, une recherche d’emploi bien menée doit avoir ce résultat.

Donc, si vous courez encore derrière les entreprises, c’est que votre recherche d’emploi peut encore être améliorée.

Étude de cas #2 : exemple de rapport de force inversé

Je me rappelle de Gabriel, 30 ans. Il fut un temps où il avait du mal à intéresser les entreprises. La faute à un parcours très atypique, et une absence de méthode. Mais après avoir appris ce qu’est un CV efficace, il est arrivé à un niveau ou chaque CV envoyé donnait lieu à un retour. Son TED avoisine les 100 % !

Un jour, alors qu’il avait plusieurs propositions, l’une des entreprises lui dit ceci :

Entreprise A : Vous m’avez dit avoir plusieurs propositions. Pour notre part, nous sommes très intéressés par votre profil. Qui pensez-vous choisir ?

Gabriel : Premier arrivé, premier servi !

Une telle réponse est très osée, mais parfaitement cohérente lorsque vous avez plusieurs propositions intéressantes. Cette entreprise s’est empressée de lui faire une proposition et l’a embauché !

À une autre occasion, Gabriel avait encore frappé. Comme d’habitude, presque toutes ses candidatures avaient abouti sur des entretiens. L’une de ces entreprises lui fait une proposition :

Entreprise X : Votre profil nous intéresse, nous aimerions vous embaucher.

Gabriel : Je m’en réjouis et vous remercie de votre confiance. Cela dit, j’ai encore un entretien à passer dans une autre entreprise qui m’intéresse également. Je souhaite donc vous donner une réponse après avoir passé cet entretien qui se déroule dans 8 jours.

Entreprise X : Mais… le contrat commence normalement la semaine prochaine !

Gabriel : Ah… pourtant je me suis déjà engagé à passer cet entretien, et ce n’est pas très professionnel si je l’annule maintenant. Si vous aviez été cette entreprise, j’aurais réagi de la même manière.

Entreprise X : Bon… je vais voir ce que nous pouvons faire… mais ça compromet votre sélection.

Gabriel : Il est important pour moi de rester professionnel et de respecter mes engagements. Si le poste est pour moi, vous attendrez, autrement, il sera pour quelqu’un d’autre.

Le lendemain, la directrice de l’entreprise X laisse un message sur le répondeur de Gabriel. C’est tellement énorme que j’ai demandé à Gabriel de me fournir l’enregistrement. Le voici :

https://drive.google.com/open?id=0B3Cc6fKkgimaNFViX1lhOWlZb0U

« Je me permettais de vous rappeler car j’ai pu déplacer le jour de démarrage de votre contrat pour que vous ayez la possibilité de passer cet entretien mardi prochain et de choisir le poste qui vous sied le mieux. Moi je répète que votre profil m’intéresse énormément et que j’aimerais vraiment vous faire monter dans ma structure et évoluer au sein de ma structure. Donc n’hésitez pas à me rappeler et me dire ce qu’il en est… »

Comme vous venez de l’entendre, l’entreprise a décalé la date du début du contrat pour laisser à Gabriel la possibilité de choisir le poste qui lui « sied le mieux » ! Environ 10 jours plus tard, Gabriel rappelle la directrice pour lui annoncer qu’il avait choisi de travailler avec elle !

Ce n’est donc pas à l’entreprise de vous choisir, c’est à vous de choisir l’entreprise ! Gabriel a intégré toutes les techniques qui permettent de se positionner de cette manière.

Conclusion

J’espère vous avoir convaincu de ne plus croire à ces 2 idées reçues ! 

Pour l’heure, j’ai quelques questions à vous poser :  

  1. Connaissez-vous votre TED ? Avez-vous déjà essayé de le mesurer ?
  2. Que pensez-vous faire pour améliorer la qualité de vos candidatures et augmenter votre TED ?
  3. Que feriez-vous pour inverser le rapport de force avec les recruteurs ?

Mettez vous à la place d’un recruteur. Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour qu’un recruteur veuille absolument vous recruter vous et pas quelqu’un d’autre ?

—–

Et merci Uriel ! Je n’ai pas grand chose à redire si ce n’est qu’il faut faire attention à ne pas se focaliser uniquement sur le CV : votre TED peut-être faible parce que votre approche est la mauvaise. Même avec un bon CV. En tout cas un chose est sûre : si vous commencez à mesurer ce chiffre vous aurez une visibilité bien plus élevée sur votre recherche. Ne serait-ce que pour prédire combien de CV vous devez envoyer pour obtenir un entretien. Afin d’arrêter de travailler à l’aveugle.

Comme je vous disais au début, Uriel a un site d’accompagnement des chercheurs, avec notamment un espace blog : http://www.carrierepunch.com/blog/

Et, il a besoin de vos votes pour proposer le meilleur contenu gratuit possible sur la recherche d’emploi pour ce qu’il appelle son MEGA JOB BOOTCAMP 2017. Une semaine de contenus : articles, vidéos, webinars. Et vous pouvez voter pour choisir les thèmes à aborder en priorité. Cliquez ici pour voter.

Il a également écrit un livre que ma mère a adoré et a voulu me voler la dernière fois que je suis retourné en Guadeloupe. Donc a priori c’est plutôt un bon livre ! Ça s’appelle Décrochez le job de vos rêves en 5 rounds et c’est par ici.

Quand à nous…j’espère pouvoir revenir avec des articles de mon cru dans un avenir proche, mais je ne vous promets rien : c’est devenu compliqué d’équilibrer ma vie professionnelle avec ce blog. Vous pouvez néanmoins me retrouver sur Medium de temps en temps, en cliquant ici.

 

  • Kalimerique RS

    Bonjour !

    J’accompagne des chercheurs d’emploi depuis 15 ans et l’erreur la plus courante reste le mauvais ciblage ce qui a pour conséquence immédiate : un TED très bas et une démotivation assez rapide… Commençons par définir ce que nous recherchons et surtout à identifier ce que nous avons à apporter à l’entreprise.

    C’est important de faire circuler son CV (un bon CV !) mais pas à tout prix.

    Merci Uriel pour votre contribution éclairante.