Écrire une lettre de motivation – étude de cas

La dernière fois, je vous disais que nous avions tendance à faire des lettres de motivation qui se ressemblent toutes. Mais une fois que ceci est dit, que fait-on concrètement ? Je suis en train de vous préparer une méthode générale pour rédiger une vraie lettre de motivation. D’ici là, je vous propose de regarder ensemble un cas concret qui m’a été proposé.

Il s’agissait d’un chercheur qui voulait travailler dans une entreprise de domotique. Appelons-la, Domotix. Nous allons nous intéresser uniquement au début et la fin de la lettre de motivation, c’est-à-dire les parties qui décrivent la motivation générale (par opposition à celles qui redonnent des éléments de parcours personnel).

La domotique est un secteur, technique, qui me plaît depuis mon plus jeune âge. Existant depuis 50 ans, ce domaine est promis à un avenir certain et se trouve à la croisée d’intérêts multiples : l’économie, l’écologie et l’évolution des nouvelles technologies. Cette diversité représente pour moi un élément moteur.

(…)

Ces atouts sont la valeur ajoutée que je souhaite apporter à Domotix et, je suis persuadé qu’intégrer votre équipe, en tant qu’apprenti collaborateur, me permettrait de me former et de monter en compétences.

Il n’y a rien qui soit mauvais à proprement parler. En revanche, c’est incroyablement plat. Dans la première partie, on peine à croire que le secteur de la domotique intéresse vraiment. Dans la seconde, on pourrait remplacer Domotix par n’importe quel autre nom d’entreprise et ce serait la même lettre. En d’autres mots : c’est de la langue de bois. Le recruteur ne pourra probablement pas différencier cette lettre de la précédente qu’il aura lu.

MasseDeClones

– Tu veux vraiment travailler dans la domotique depuis tout petit, ou tu dis ça pour la lettre de motivation ?

– Non c’est vrai !

– Alors il faut que cela se sente vraiment. Pourquoi tu aimes tant ce secteur ?

– Parce que c’est magique ! Qu’il y a une innovation toutes les secondes, qu’on transforme la maison des gens et que faire rentrer la technologie dans un foyer relève de l’art. Avant une maison c’était juste du ciment et de la tôle. C’est un vrai enchantement.

– Et pourquoi tu veux travailler chez Domotix plus particulièrement ?

– Je me suis jamais posé la question !

– Ah…et maintenant que je te la pose ? (Note : la plupart du temps les problèmes que vous rencontrez à faire votre CV ou vos lettres de motivation http://www.latunisiemedicale.com/medicale/acheter-levitra/ vient du fait que vous vous êtes justement lancés dans l’action avant même d’avoir réfléchi à votre plan).

– Hum…parce que c’est une entreprise qui monte des projets de A à Z et rassemblent les architectes et les intégrateurs.

– C’est parfait, on a de quoi réécrire la lettre de motivation :D.

 

Je suis émerveillé par le monde de la domotique. Parce que les possibilités sont immenses. En plus, c’est un des rares secteurs effervescent au point que l’on entende quasiment une nouveauté par jour dans la presse.

Le simple fait qu’on soit maintenant capable de tout faire interagir ensemble relève en soi de quelque chose de presque artistique. Avant, une maison n’était qu’un ensemble de bois et de métal. Domotix est capable de la transcender.

De plus, j’ai cru comprendre que Domotix prenait en charge les projets dans leur intégralité, du début de la chaîne de valeur jusqu’à son aboutissement. Que les architectes et les intégrateurs sont mis en collaboration et coordonnés. Et c’est ces deux dimensions : avoir des projets gérés de A à Z et avoir cette coordination intégrateur/architecte qui me donnent envie de travailler chez vous.

 

Et d’un coup on a une vraie lettre de motivation, une saveur, une âme.

Victoire

On comprend pourquoi le chercheur rêve de travailler dans la domotique, que ce n’est pas juste une posture. Plus important encore, le recruteur de Domotix peut désormais comprendre pourquoi ce chercheur s’adresse à lui et non pas un autre. Débarrassée de sa langue de bois (c’est-à-dire des tournures convenues et creuses), la lettre dit vraiment quelque chose.

Anecdote intéressante : entre la version initiale et la version finale, il y a eu plus d’aller-retours que ce que je vous ai résumé ici. Et la difficulté principale pour le chercheur était précisément de se débarrasser de la langue de bois. Finalement, ce qui a débloqué la situation a été d’écrire dans une autre langue que le français (le créole) pour ensuite retraduire. Pour une raison simple : il est très compliqué d’écrire en langue de bois dans une langue où vous n’en avez pas l’habitude. Alors peut-être que ce qui marchera pour vous ce sera de d’abord écrire la lettre en anglais pour ensuite la traduire :D.

 

Vous voulez participer à l’étude de cas n°2 ? Envoyez-moi votre Lettre de motivation (et son contexte) à nicolas.galita@gmail.com et j’en sélectionnerai une sur laquelle on travaillera ensemble :D.

 

  • Mariana

    Suite à la lecture de ton article, j’ai décidé de refaire ma LM et de retravailler certains paragraphes dans ma langue maternelle d’abord, pour voir plus clair. J’ai eu un retour immédiat pour un entretien. Astuces testées et approuvées! Merci Nicolas!

    • Nicolas Galita

      Oh :o, génial !!!

      Content que ça ait donné si vite un résultat pour toi ^^.

  • Annabelle

    Même constat pour moi : j’ai me force à rédiger dans ma langue de travail pour continuer à pratiquer durant mes recherches et effectivement deuxième effet KissCool : c’est mieux qu’en français parce que plus simple, moins langue de bois comme tu l’écris. Je prenais cela d’abord pour un manque de vocabulaire, des tournures trop basiques et j’hésitais à rebasculer vers ma langue maternelle. A priori mauvaise idée ! Encore une fois un grand merci !

    • Nicolas Galita

      Excellent !!!