Le guide complet pour rejoindre une startup

Vous avez été plusieurs à me demander plus d’informations sur les startups. Et pour cause, dans le programme un outil de recherche par jour, 3 outils étaient spécifiques aux startups : Azerty Jobs, Startup Digest et Koudetat. Et 2 d’entre eux avaient un rapport indirect : Welcome to the Jungle et Meetup.

C’est donc logiquement que certain(e)s d’entre vous ont voulu aller plus loin sur cette route. Ce sujet me tient particulièrement à coeur puisque je suis tombé dans la marmite des startups à la sortie de mes études. Pourtant, je n’ai jamais abordé ce thème en détails car je sais qu’il ne parle pas à tout le monde. Mais puisque vous l’avez demandé vous l’aurez !

Pourquoi une startup ?

Comme beaucoup de gens, je m’apprêtais à sortir du système scolaire sans la moindre idée de ce que je voulais faire. J’ai passé toute ma scolarité à faire des crises d’angoisse à chaque fois qu’on me demandait ce que je voulais faire plus tard (si c’est encore votre cas je vous invite à lire cet article pour vous guérir).

ArticleQueFaireDTE

Et lors de ma dernière année d’études, quand le « plus tard » était devenu « dans moins de 6 mois », j’ai eu la chance incroyable de rencontrer un professeur qui m’a injecté le virus des startups (Didier Tranchier, si vous me lisez…). C’était en 2012 et les startups n’étaient pas encore complètement devenu un sujet à la mode. Ce professeur nous a fait passer une semaine dans une startup. Dans mon cas c’était Recommerce Solutions. Je ne le savais pas encore mais je venais de faire un pas sur un chemin dont il était impossible de revenir.

Car il n’y a pas de demi-mesure : soit vous êtes fait(e) pour travailler en startup (et vous serez probablement toujours un peu frustré(e) ailleurs), soit vous ne l’êtes pas (et vous serez probablement tout autant frustré(e) en startup). J’ai donc eu une révélation, littéralement. J’ai décidé que : « la vie était trop courte pour aller s’ennuyer dans une entreprise ».

EnnuiDuLion

Je n’ai passé qu’une semaine chez Recommerce et pourtant j’ai pu assisté à la réunion (debout !) hebdomadaire où l’on discutait de stratégie, de vie d’entreprise et de hamsters. Dans combien d’entreprises un stagiaire d’une semaine assiste-t-il à une réunion conduite par le PDG ? La taille et la culture d’une startup font que c’est la norme plutôt que l’exception.

L’autre raison de rejoindre une startup c’est qu’elle a besoin d’employés polyvalents. Si vous aimez apprendre de nouvelles choses, sortir de votre zone de confort et faire des choses pour la première fois, vous êtes au bon endroit. La taille d’une startup fait que les métiers sont beaucoup moins spécialisés. Ce qui laisse une place énorme pour la polyvalence et les initiatives.

Par exemple, chez Link Humans (où je travaille actuellement),

  • je fais de la formation,
  • je donne des cours en école,
  • j’écris des articles,
  • j’ai fait des propositions commerciales (avant qu’on embauche un commercial),
  • je fais du marketing,
  • j’ai fait le community management (avant que quelqu’un d’autre s’en occupe),
  • etc.

CouteauSuisse

De la même manière, j’ai créé le programme un outil de recrutement (sourcing) par jour sur un coup de tête. Je me suis levé un matin avec cette idée, j’en ai parlé à mon boss, il m’a dit « c’est génial, fonce » et m’a prêté la carte bleue de la boîte pour les quelques investissements nécessaires. Et, sans cette histoire, vous n’auriez probablement jamais eu le droit au programme un outil de recherche par jour.

Tout ça pour dire qu’une startup vous permet d’être polyvalent(e), d’avoir des responsabilités et d’avoir l’occasion de mener des projets de A à Z. Que vous soyez diplômé(e) ou non d’une discipline d’ailleurs.

L’état d’esprit en startup

La liberté est le maître-mot. La vitesse aussi. L’incertitude encore plus. Personne ne vous dira exactement quoi faire puisque personne ne sait vraiment quoi faire.

Dans un tel contexte, il est impossible de se planquer. Si ce que vous recherchez c’est un job alimentaire où vous pouvez délivrer le minimum en attendant de rentrer chez vous (et je dis ça sans jugement moral, bien au contraire) il va falloir passer votre chemin. Vous n’allez pas trouver votre bonheur.

Pire encore, vous serez très souvent livré(e) à vous-même.

Solitude

Car, si la personne qui a fondé la startup fait bien son travail, elle vous a recruté car vous étiez plus doué(e) qu’elle. C’est valorisant mais aussi angoissant. En effet, vous êtes le dernier rempart de votre expertise : personne n’aura la réponse aux questions les plus difficiles que vous vous poserez. Le premier commercial qu’une startup recrute devient, de facto, la référence commerciale, le premier marketeur recruté devient, de facto, la référence marketing, etc.

Enfin, une startup a toujours une culture extrêmement forte. Déjà parce qu’elle baigne dans la culture startup en général, mais ensuite parce que sa taille et le fait que son avenir soit incertain soude l’équipe autour de quelque chose de commun. À un tel point que, vu de l’extérieur, on peut avoir l’impression d’être en face d’une secte. Si vous n’êtes pas compatible avec la culture de la startup, vous allez le sentir très violemment. Welcome to the Jungle a un mot très juste pour décrire ce phénomène : la tribu. Une startup est une tribu.

Ce que vous devez savoir avant

Comme tous les mondes qui ont leur propre culture, vous allez devoir en apprendre les codes et le lexique. Et vous avez de la chance : les startups sont devenues un sujet grand public. Ce n’est donc pas compliqué de commencer à se baigner dans la culture.

Les médias

La manière la plus simple de pénétrer une culture reste encore de s’imprégner de ses médias. J’ai sélectionné (arbitrairement) pour vous 3 médias qui vous permettront de vous immerger.

Maddyness, le magazine des startups françaises

HomePageMaddyness

Frenchweb, le magazine de l’innovation

HomepageFrenchweb

Presse-citron, le blog généraliste d’actus numériques

HomepagePresseCitron

Le lexique

J’ai hésité à vous en faire un moi-même car je n’en ai trouvé aucun de parfait. Mais voici le meilleur que j’ai trouvé : http://www.coaching-startup.com/lexique-entrepreneur-startup-finance/

La série

Comme tous les sujets qui rentrent dans la culture populaire, les startups ont le droit à leur série ! Et pas n’importe laquelle : cette série est un chef d’oeuvre ! Même sans tout comprendre au lexique, c’est un régal (et encore mieux quand vous comprenez). Un peu comme Doctor House : vous pouvez apprécier sans être médecin. Et cette série s’intitule sobrement : Silicon Valley

Les livres fondateurs

Chaque culture a sa Bible. Celle des startups s’appelle Lean Startup.

CouvertureLeanStartup

Ce qui est marrant c’est que quasiment tous les gens de l’écosystème citent ce livre ou un de ses concepts (comme le fameux MVP) sans en avoir jamais lu une ligne ! C’est dire l’influence phénoménale qu’il a eu.

Dans une moindre mesure, Business Model Génération a également fusionné avec la culture de l’écosystème, avec notamment son concept du business model canvas.

CouvertureBusinessModelGeneration

Dans un registre beaucoup moins connu, je suis tombé à l’époque sur un livre qui s’appelle Start-up: Anti-bible à l’usage des fous et des futurs entrepreneurs qui est également intéressant, sans pour autant être un classique.

CouvertureLivreBrunoMartinaud

Startup Scoper

Vous vous en seriez douté(e), les startups ont leur chaîne Youtube ! L’auteur n’est malheureusement pas à plein temps dessus et ne poste donc pas de contenu très souvent MAIS le peu qui est posté est génial.

J’en profite d’ailleurs pour vous débarrasser une fois pour toutes de l’idée reçue la plus fréquente des gens qui ne sont pas de l’écosystème (et qui révèle instantanément aux yeux des autres que vous débutez). Le fameux mythe de l’idée. Vous savez ? Steve Jobs, Mark Zuckerberg ou Larry Page se sont levés un matin avec l’idée du siècle, en ont parlé et sont devenus milliardaires du jour au lendemain.

Ça c’est l’histoire que vous trouvez dans les médias. En réalité ça n’est même pas le début d’un commencement de vérité. Ce qui fait que Youtube a explosé ce n’est pas l’idée : Dailymotion s’est lancé un an avant. Je ne vous en dis pas plus, si vous voulez comprendre pourquoi une idée ne vaut rien je vous laisse regarder cette vidéo :

The Family

Qui dit startup française dit The Family. Qu’est-ce que The Family ? Franchement, je ne sais pas. Qu’est-ce qu’Apple ? Un vendeur de smartphone ? De baladeur musical ? De logiciels ? D’ordinateurs ? De tablettes ? Un gestionnaire de boutiques ? Un peu de tout à la fois : Apple c’est Apple. Et bien c’est pareil : The Family c’est The Family.

The Family s’est donné comme mission de permettre l’émergence d’une startup européenne qui deviendra un géant à la hauteur des américaines. Et une de leurs missions est justement d’infuser la culture startup en Europe. Voilà qui tombe bien ! Depuis décembre 2015, leur formation vidéo est désormais complètement gratuite. Ça s’appelle Koudetat et c’était l’outil n°13 de notre programme. En résumé il s’agit d’une plate-forme vidéo où vous trouvez des cours d’entrepreneuriat. Il n’y a rien de mieux si vous n’y connaissez rien.

Koudetatondemand

Où les trouver ?

Le plus compliqué au final c’est d’identifier les startups. Car il y en a une infinité ! Et, contrairement aux grandes entreprises, leurs noms sont totalement inconnus du grand public. Quand on pense entreprise on pense inconsciemment aux grandes entreprises. Vous avez de la chance, comme je vous le disais, les startups sont désormais un sujet à la mode donc mainetnant vous trouvez quand même quelques noms à la télévision, dans les journaux, etc.

Alors, où les trouver ? Très souvent à Paris ! Malheureusement la France est encore un pays centralisé et l’écosystème startup français est très concentré dans la capitale. Mais c’est en train de changer à vitesse éclair et des villes comme Lille, Lyon ou Nantes commencent à avoir des écosystèmes qui n’ont rien à envier au parisien.

Les événements

Le plus vivant reste encore d’aller à leur contact physique. Pour connaître tous les événements startups de votre ville, vous avez heureusement le Startup Digest. Le Startup Digest est une newsletter qui vous envoie tous les lundis un résumé des événements à venir dans la ville sur la semaine. La plupart sont gratuits en plus !

De même, sur Meetup, vous trouvez énormément d’événements dédiés aux startups. (Pour plus d’informations sur meetup voici un lien vers le test que j’en ai fait dans le cadre du programme).

Les sites emploi spécifiques

Les startups ont également des sites emploi qui sont dédiés ou a minima hospitaliers. Je vous en ai choisi (arbitrairement) 3 qui permettent de bien commencer.

Azerty Jobs : je ne vous en ai pas parlé aussi longuement que j’aurais voulu lors du programme mail car j’ai découvert ce site après avoir lancé le programme. Mais il méritait toute sa place. Azerty Jobs c’est le jobboard qui propose uniquement des offres de startups. Que demande le peuple ?

HomepageAzertyJobs

RemixJobs : est également un jobboard. Pas forcément pour les startups mais plutôt les métiers du web en général. Mais, logiquement, la part belle est faite aux startups.

Welcome to the Jungle : n’est pas un jobboard mais … à vrai dire je ne sais pas, c’est comme Apple et The Family. Welcome to the Jungle c’est Welcome to the Jungle. Welcome n’accepte que des tribus, c’est-à-dire des entreprises qui ont une culture forte. Et, forcément, les startups ayant une culture très forte, elles sont très représentées sur Welcome. Le but est de vous immerger avec des vidéos, des témoignages et des chiffres.

HomePageWTTJ

L’annuaire ultime

Mais, comme vous le savez, je fais partie des gens qui pensent que les sites emploi c’est bien mais que vous devez créer votre destin. Inutile donc d’attendre qu’une startup exprime un besoin. Mais comment savoir à quelle porte frapper ? Et bien, Myfrenchstartup propose un annuaire qui se veut complet des startups française. C’est un excellent début pour lancer votre recherche !

MyfrenchstartupHomePage

 

Conclusion

Vous l’aurez compris : je ne peux que vous encourager à vous intéresser au milieu des startups. Au moins une fois dans votre vie, allez au contact de cet univers. Qui sait ? Vous y trouverez peut-être la même révélation qui a été la mienne.

Je sais que cet article n’aura pas parlé à tout le monde. Parce que tout le monde n’a pas envie de « rejoindre les pirates plutôt que la Marine Nationale». La bonne nouvelle c’est que j’ai forcé le trait dans cet article. Je vous ai décrit une sorte de startup pure. Mais il y a des nuances. Entre une startup de 4 personnes et une startup de 50 personnes ce n’est plus exactement la même radicalité. Et, même dans des entreprises géantes, vous pouvez avoir des bulles de startups : des projets internes qui sont gérés comme des startups. Même une entreprise administrative comme ERDF a un projet qui s’appelle Linksy et qui est géré comme une mini startup à l’intérieur d’ERDF.

Sans compter les Pure Players, c’est-à-dire les entreprise dont le site web est le coeur de business. Il se trouve que beaucoup de Pure Players sont des anciennes startups. Par exemple Showroom privé, Vente privée et Sarenza sont des structures où vous trouverez probablement des éléments mixtes : la culture d’une startup avec la stabilité d’une grande entreprise.

C’est peut-être par là qu’il vous faut regarder si vous n’avez pas totalement envie d’aller vous frotter aux startups mais que certains éléments de la culture vous attirent.

En tout cas, si vous pensez que la vie est trop courte pour vous ennuyer dans une entreprise, ou pour vous contenter, foncez !