4 astuces pour arrêter de laisser la chance s’occuper de votre recherche

Une des choses que j’ai appris à mes dépends dans la recherche d’emploi c’est qu’il faut garder la main en toutes circonstances. Pour s’en remettre le moins possible à la chance. Sinon on perd du temps et on gagne du stress.

L’idée c’est de laisser le moins de place possible au hasard (et le recruteur est un grand générateur de hasard). Souvent quand je partage ce concept à un chercheur il commence par être réticent. Parce qu’il a peur de déranger (une des 7 peurs du chercheurs que nous avions vu ici). Voilà ce que j’ai fini par apprendre à faire :

1) Je force le recruteur à me donner une date-butoir

L’attente est insupportable quand on n’a aucune idée du temps à attendre. C’est humain : le temps paraît d’un coup interminable. D’ailleurs, vous avez tout intérêt à accélérer le processus. Que pouvez-vous gagner à attendre ? Le recruteur lui a tout intérêt à jouer la montre car il va voir d’autres personnes. Mais ce n’est pas votre problème.

Votre problème c’est que le recruteur sera souvent réticent à vous dévoiler une date-butoir. Ce qui est normal puisque lui de son côté n’y a aucun intérêt.

Un-coup-davance-sur-le-recruteur-montre-poignet

Que faire quand il vous aura répondu (dans 90% des cas) : « je ne sais pas vraiment combien de temps cela prendra » ?

Pour ma part, je pose toujours la même question. Celle que je posais à mon père quand il me faisait des promesses :

D’accord, mais sans être forcément précis, vous pensez que ça vous prendra plutôt un jour, une semaine, un mois, un trimestre ou un an ?

Et, j’aime aussi combiner cette question avec la transformation du « je » en « nous ».

Si on devait décider ensemble d’une date à laquelle on se redonne des nouvelles, se seraît plutôt dans un jour, une semaine, un mois ou un an ?

Cette question débloque souvent la situation car la dernière proposition (un an) est tellement absurde que votre interlocuteur sera tenté de vous répondre en rigolant :

Je sais pas mais pas un an !

Ce à quoi vous pouvez relancer en disant, toujours en rigolant :

Plutôt un jour alors ?

Et ainsi de suite…

2) Je ne donne jamais ma carte de visite ou mon CV

Dans les événement de type réseautage/networking/forum, je ne donne plus ma carte de visite. J’ai découvert cette technique totalement par hasard le jour où j’étais tellement content d’avoir mes premières cartes de visite que je les avais épuisées en une demi-heure.

Un-coup-davance-sur-le-recruteur-bonhomme-carte-de-visite

À partir de ce moment il s’est passé quelque chose d’incroyable : j’ai été obligé de prendre la main.

- Vous avez une carte ?
- Non désolé, j’ai tout épuisé ce soir ! Mais je peux prendre la votre et puis je vous envoie un email demain dans la foulée/je vous ajoute sur LinkedIn demain

Et si la personne n’avait pas de carte non plus, je prenais son email. Puis je suis rentré chez moi et le lendemain, comme promis, j’ai recontacté les personnes en question. Résultat : j’ai pu reprendre contact avec la plupart. Alors que les personnes à qui j’avais donné ma carte de visite et qui devait me rappeler ou m’écrire, ne l’ont jamais fait.

Ce qui est encore plus marrant c’est que j’en ai recroisé certaines. Et qu’elles semblaient sincères quand elles disaient « aaaaah mince j’avais pas dit que je vous recontacterai ? ». C’est tout bête mais les gens oublient.

Un-coup-davance-sur-le-recruteur-enfant-se-cachant-embarras

Depuis ce jour, je fais toujours mine de ne plus avoir de carte de visite. Je ne dis jamais que je n’ai PAS de carte parce que ça peut mettre mal à l’aise l’interlocuteur ou envoyer un signal négatif (qui est cet ahuri qui n’a même pas de carte de visite). Non, je dis que je n’en ai PLUS. En faisant mine de chercher dans mes poches. Et depuis, je garde toujours la main de l’échange.

Même technique pour le CV dans un forum : je n’en ai PLUS mais je peux prendre votre email pour vous l’envoyer ce soir ?

3) Je m’arrange pour savoir si j’ai de la concurrence

Je n’ai jamais utilisé moi-même cette technique dans le cadre d’une recherche d’emploi car je l’ai découverte au printemps dernier dans un contexte totalement différent : la recherche d’appartement à Paris (qui est un sport olympique).

Un-coup-davance-sur-le-recruteur-parcours-combattant

Afin d’éviter de gaspiller du temps en visite inutile, je demandais au téléphone combien d’autres gens avaient DÉJÀ visité l’appartement. Et si la réponse était supérieur à deux, je ne me déplaçais pas et je raccrochais poliment. Dans la même idée, j’ai conseillé à plusieurs amies de transposer la question à leur recherche d’emploi et ça a l’air de bien marcher pour elles.

Vous l’aurez compris, il s’agit de demander au recruteur combien de candidats il a déjà rencontré et où vous vous situez par rapport aux autres. Et si vous n’êtes pas en première ou en seconde position de ses préférences, vous n’allez pas forcément investir davantage d’énergie.

Vous pouvez même le faire déjà au téléphone en demandant si vous êtes la première personne qu’il appelle. Si vous sentez qu’il a déjà rencontré une dizaine de personnes, c’est peut-être le moment de passer votre tour pour économiser votre temps, votre énergie et votre confiance en vous en n’allant pas gaspiller une demi-journée pour quelque chose sans issue.

Bien entendu, si vous postulez à une annonce c’est tout de suite moins envisageable. Mais on a vu pourquoi il fallait faire attention à ne pas faire que postuler à des annonces. Et j’ai promis à l’un de vous de vous faire un article qui explique comment faire autrement donc j’y travaille ^^.

Une variante dans le même esprit est de demander à la fin de l’entretien :

Vous pensez quoi de ma candidature ?

Puis d’enchaîner avec :

Et par rapport aux autres candidats que vous avez vus ?

4) Je refuse d’envoyer mon CV dans un trou noir

C’est un parti pris très fort. Ce sera donc peut-être le point qui vous sera le moins utile à lire. Mais je refuse catégoriquement d’envoyer mon CV à une adresse de type : recrutement@entreprise.com. De manière plus générale, si je ne connais pas le prénom de ma cible, je n’envoie pas de CV : je vais d’abord me renseigner en appelant. (Pour apprendre à contourner les barrages téléphoniques c’est par ici).

Je considère que mon temps est trop précieux pour pouvoir envoyer un CV sur une adresse où je ne suis pas sûr qu’on va le lire.

Un-coup-davance-sur-le-recruteur-poubelle-cv

(D’ailleurs je n’envoie jamais mon CV sans m’être arrangé pour qu’un recruteur me le DEMANDE explicitement mais on y reviendra). Sans compter que, là encore, vous risquez de dépenser du capital « confiance en soi » pour rien, en vous heurtant au silence.

L’idée c’est donc de toujours envoyer un CV à une adresse individuelle (ou de faire quelqu’un l’envoyer). Cette démarche est évidemment à combiner avec la technique pour voir si le recruteur ouvre vos emails.

Et voilà qui conclut ce petit tour de mes secrets pour toujours garder la main dans le processus de recrutement. Je ne sais pas si tout sera transposable dans votre cas mais justement n’hésitez pas à me le faire savoir par commentaire ou sur la page Facebook où vous êtes de plus en plus nombreux et nombreuses.

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  • Megane

    Salut Nicolas,

    Je me demande pourquoi abandonner un entretien s’il y a plus de 2 personnes qui se sont présentés? Ces deux personnes ont pu être très mauvaises en entretien et le piste visé celui de nos rêves, alors pourquoi considérer que deux candidats avant nous devrait nous freiner?

    Merci pour ta réponse ;)
    Et encore merci pour ce blog

    • Nicolas Galita

      Hello Mégane,

      Pas forcément abandonner l’entretien, ça dépend de ton niveau de radicalité. Surtout que ce n’est pas une question de nombre de personnes mais de ton rang parmi elles. Si tu arrives à savoir si tu es N°1, même si y’a 100 personnes ça vaut le coup. Par contre si t’es n°99…Et quand je dis n°99 je parle pas du moment d’arrivée mais bien de la préférence du recruteur. Son classement provisoire.

  • Annabelle

    Même constat par le biais du hasard sur les cartes de visite ! Je suis bien d’accord.
    Encore merci ! Le lire aide à confirmer et à avancer plus sereinement, laissant de côté ce sentiment de non professionnalisme lorsque je me remémore la scène :-)