Arrêtez de vous demander ce que vous voulez faire

S’il y a une question angoissante c’est bien : « qu’est ce que tu veux faire ? Je vous avais d’ailleurs donné une manière de la résoudre en 3 questions dans cet article.

Et si au lieu de se demander ce que l’on veut faire, on se demandait ce que l’on veut être ?

D’habitude on se demande ce que l’on a fait

La plupart du temps, quand on cherche à s’orienter professionnellement, on a le réflexe de regarder ce que l’on a fait avant. Soit durant ses études, soit durant son parcours professionnel. Le CV est d’ailleurs un témoin de cette manière de penser. En effet, le curriculum vitae c’est en latin le chemin de vie.

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Le CV est donc là pour résumer un chemin qui a déjà été parcouru. Et, à part éventuellement dans son titre, on n’y dit pas le chemin que l’on aimerait parcourir. On se focalise donc sur ce que l’on a fait ces dernières années plutôt que sur ce que l’on compte faire les prochaines années.

Le problème c’est que c’est structurellement une dymanique linéaire et figée. Le passé prend l’avenir en otage. D’ailleurs, c’est ce que l’on retrouve dans les offres d’emploi. Les employeurs précisent régulièrement vouloir des gens qui ont par exemple 4 ans d’expérience dans tel ou tel secteur. Avec évidemment un paradoxe : il faut bien un moment où on n’a pas d’expérience. Vous savez, c’est un peu le syndrôme de la boîte de nuit. On ne vous laisse pas rentrer car vous n’êtes pas un habitué mais comment devenir un habitué si l’on ne vous laisse jamais rentrer ?

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Et ça a des conséquences très concrètes et très violentes. D’une part, il est extrêmement compliqué de rentrer sur le marché du travail pour son premier emploi. D’autre part, il est tout aussi compliqué de se reconvertir. Imaginez que vous avez été commercial(e) pendant vos 3 premières années. Et que vous avez envie de vous reconvertir dans la finance. Vous allez vous retrouver devant des recruteurs qui vont vous faire parler de vos expériences passées. Si bien que vous n’aurez pas forcément l’occasion d’expliquer pourquoi vous voulez changer de voie.

Faut-il plutôt se demander ce qu’on VA faire ?

On l’a compris : se fonder sur ce que l’on a fait pour s’orienter est la meilleure manière de s’enfermer malgré soi dans une voie figée. La solution serait-elle donc alors de se demander plutôt ce que l’on VA faire ?

C’est déjà mieux, effectivement. Du coup, on part d’un rêve, d’une envie ou de la voie que les autres nous ont présenté comme raisonnable pour s’orienter. Pourtant, c’est généralement un exercice très compliqué. Tellement compliqué que beaucoup de gens sont pris d’angoisse rien que d’y penser. Tellement compliqué que beaucoup de gens suivent la voie que d’autres ont tracé pour eux, sans jamais la remettre en question.

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C’est ce que j’appelle le syndrôme du consultant : tous ces gens autour de moi qui ont été happés par une voie tracée. À la fin de leur terminale on les a envoyé en S car ils étaient bons en mathématiques. Puis on les a envoyé en classe préparatoire après le bac. Puis ils se sont retrouvés en école de commerce ou d’ingénieur. Et enfin, consultant ou auditeur. Ce ne serait pas un problème s’ils aimaient ça. Mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui aimait sincèrement et fondamentalement (sans se mentir à soi-même) être consultant ou auditeur. Probablement que ces gens existent, mais ils n’ont jamais croisé ma route.

D’étapes en étapes, ils finissent piégés dans un métier qu’ils n’aiment pas alors qu’ils ont toutes les capacités pour faire à peu près ce qu’ils veulent. Mais pour ça il faut à un moment se poser la question de son chemin professionnel.

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Pourquoi est-ce si compliqué de se demander ce qu’on veut faire ? Parce que c’est une très mauvaise question. Il existe trop de métiers, trop de choses que l’on peut faire. Et personne n’a jamais vibré pour ce qu’il fait. C’est trop terre-à-terre. En vérité, on vibre à des niveaux http://parmacieenligne.com plus conceptuels. On vibre pour ce que l’on veut être.

Se demander ce que l’on veut ÊTRE

Au moment où je vous écris je suis formateur et blogueur en recrutement et blogueur. Or, si je suis la logique précédente de se demander ce qu’on veut faire, je serais tenté de répondre :

Je veux continuer à écrire des articles

Et à désirer des voies où je peux le faire : le journalisme par exemple. De la même manière, je serais tenté tenté de me dire :

Je veux continuer à donner des cours

Et à viser des métiers où c’est le cas : professeur par exemple.

Pourtant, la vraie question c’est ce que je suis/deviens en faisant ce que je fais. C’est d’ailleurs ce qui lie mes deux activités. Qu’est-ce que je fais ? Deux choses différentes : de la formation et de l’écriture d’article. Qu’est-ce que je suis ? Une seule chose : je suis quelqu’un qui cherche à transmettre de la connaissance et de l’enthousiasme à des adultes.

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Si jamais je raisonnais en termes de ce que je fais et veux faire, on pourrait croire que le métier de professeur des lycées est une suite logique au métier de formateur. Davantage que blogueur. De la même manière, on pourrait croire que le métier de journaliste dans un quotidien régional est une suite logique au métier de blogueur. Davantage que formateur.

Mais si on raisonne en termes de ce que je suis et de ce que je deviens en le faisant, on comprend pourquoi je ne veux pas être professeur des lycées : j’aime enseigner à des adultes. On comprend également pourquoi je ne veux pas être journaliste dans un quotidien : ce que j’aime transmettre c’est la connaissance et l’enthousiasme et non pas l’actualité.

Et la question  « que voulez-vous être ? » est bien plus profonde. Elle est plus compliquée que « que voulez-vous faire ? » car elle demande d’aller chercher la réponse au fond de soi et de s’émanciper des parasites (comme le regard des autres). Mais elle est aussi moins compliquée car justement la réponse est en vous et indépendante des contraintes extérieures.

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Il est plus simple de partir de soi et ensuite de voir comment cela se traduit dans le monde extérieur. Plutôt que de partir du monde extérieur pour voir comment cela se traduit en soi.

Imaginez quelqu’un qui, enfant, veut devenir chanteur. S’il se focalise sur ce qu’il veut faire (de la chanson) et qu’il échoue, il est probable qu’il soit complètement désoeuvré. Imaginons maintenant qu’il se pose la question de ce qu’il veut être en chantant.

Je veux être celui qui provoque de l’émerveillement avec du beau dans la vie des gens

Et bien, il existe plusieurs métiers qui lui permettront de l’être, sans forcément chanter. Designer ou architecte par exemple. Mais un même enfant qui veut faire chanteur pourra avoir une raison d’être radicalement différente :

Je veux être celui qui est au centre de l’attention d’un public

Dans ce cas, il pourrait le retrouver dans des métiers comme enseignant, formateur, conférencier, etc.

Posez-vous la question

Le plus simple pour savoir ce que l’on veut être c’est d’essayer de se rappeler de tous les moments de sa vie où on s’est senti bien en faisant ce qu’on faisait.

Puis de se demander pourquoi on a aimé ce que l’on faisait. Par exemple, j’ai toujours adoré faire des présentations orales et faire des rapports de stage (ce que mes camarades détestaient). Pourquoi ? Parce que c’était aligné avec ce que j’aimais être : quelqu’un qui transmet de la connaissance.

Vous aimez écrire ? Pourquoi ? Parce que vous aimez être celui ou celle qui transmet des histoires qui font voyager l’imaginaire ? Ou parce que vous aimez être celui ou celle qui partage son expertise ? Dans les deux cas vous faîtes la même chose : écrire, mais vous n’êtes pas la même chose.

Et vous, vous aimez être quoi ? N’hésitez pas à le partager en commentaire !

J’ai eu l’inspiration de cet article en regardant cette vidéo. Je vous invite à la regarder vous-aussi :D.