7 questions que vous n’osez pas poser sur la recherche d’emploi

Il y a un moment déjà, j’ai fait un appel à contributions sur la Page Facebook. Et vous m’avez posé pas mal de questions. Du coup je me suis dit que ça pourrait être intéressant d’en faire profiter quelques unes à tout le monde.

1) Qu’est ce que les recruteurs veulent dire par « vous êtes trop qualifié » ?

 

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QuestionPremiere

C’est probablement la notion qui m’a le plus étonné quand je suis devenu recruteur. Trouver un candidat plus que parfait pour le poste, mais qui est refusé car surqualifié. Comment peut on être TROP qualifié ?!

SingeTropQualifie

En fait c’est extrêmement simple. Quand un recruteur vous dit que quelqu’un est surqualifié, ce qu’il vous dit vraiment c’est qu’il veut quelqu’un qui demandera un salaire plus bas !

Ne soyez pas dupes quand on vous dit que c’est pour vous éviter de vous ennuyer ou que c’est parce que vous êtes trop doué. Vous êtes juste trop cher. Ou du moins c’est ce qu’il pense.

2) À quoi sert de faire un entretien RH quand on a déjà eu un entretien avec le manager ?

QuestionSeconde

Si on commence par un entretien avec le manager (qui est le vrai décisionnaire) pourquoi enchaîner avec un entretien RH ? Sachant que le RH ne connaît pas mon métier et que ce n’est pas lui qui prend la décision.

PandaQuiSinterroge

La réponse va vous décevoir : on fait un entretien RH parce qu’on a toujours fait. Ni plus, ni moins. L’entretien RH a pour seul objectif concret de vérifier que vous n’êtes pas psychopathe et de ne pas vexer le RH en lui disant que son entretien ne sert plus à rien dans cette configuration.

3) Comment se préparer à l’entretien si le site est pourri ?

QuestionTroisieme

J’ai bien ri en lisant cette question ! Malheureusement, c’est très souvent le cas. La plupart des sites d’entreprises sont creux et vides. Ils ne vous permettent pas de vous faire le début d’une idée sur la culture de l’entreprise.

C’est d’ailleurs pour ça que des sites comme Welcome to The Jungle ont été créé.

N’hésitez pas à appeler et à demander, tout simplement. Évidemment pas le recruteur mais plutôt un collègue potentiel.

4) Comment on fait quand on ne boit ni café, ni thé ?

QuestionQuatrieme

C’est la question qui m’a fait le plus rire car c’est du vécu ! Moi aussi je me sentais très mal à l’aise de refuser les cafés et les thés. J’ai même fini par boire du café à une période uniquement pour pouvoir répondre oui.

AmourCafe

Et puis à un moment je me suis dis que c’était quand même ridicule et que j’avais quand même le droit de ne pas en boire.

Le souci c’est que ce n’est pas qu’une histoire de café. Derrière il y a des enjeux d’hospitalité et de sociabilité. J’ai donc fini par trouver la réponse qui fonctionne le mieux, en tout cas pour moi, sans briser pour autant la bonne intention de l’interlocuteur :

« Un verre d’eau ce serait PARFAIT pour moi, je meurs de soif»

Ou, quand j’ai envie d’engager une conversation :

« Ce sera un verre d’eau pour moi. Je ne bois du café qu’en cas de force majeure. Après une nuit blanche par exemple. Ce qui me permet de ne pas être accroc à la caféine et d’éviter que mon état sous café ne devienne l’état de référence. J’ai des amis pour qui boire le café du matin est l’étape indispensable pour être juste en état normal».

Le tout dit sur un ton léger.

5) Comment on fait quand on a pas de réseau ?

On se met des petites claques dans le visage et on arrête de se mentir à soi-même. Vous avez forcément un réseau si vous n’avez pas été élevé (e) par les loups et recueilli(e) la semaine dernière.

Solitaire

Vos amis ont des amis. Votre famille connaît des gens qui en connaissent d’autres. Pareil pour vos anciens collègues, vos anciens camarades et même vos entraîneurs si vous pratiquez un sport en club.

Si ce n’est pas déjà fait, créez vous un compte LinkedIn puis ajoutez vos amis, ex collègues, ex camarades, etc. À la fin de cet exercice vous devriez avoir au moins 100 relations.

6) Est-ce que tes conseils ne sont pas réservés à certains secteurs ?

Non. Tout est applicable dans tous les secteurs et dans toutes les situations. Au moins dans la philosophie. C’est souvent une fausse excuse pour ne pas se mouiller que de se dire « c’est bien mais pas dans mon cas ».

Contresens

Je ne connais par exemple personne qui préfère qu’on lui parle en langue de bois plutôt qu’avec un texte poli mais clair et sans enfumages. Je connais aucune situation où ne rien faire parce que l’on se prend la tête sur détails est mieux que de faire quelque chose en se concentrant sur l’essentiel.

Alors après il y a effectivement des variations selon les secteurs les situations dans la manière d’appliquer les principes.

7) Comment les cabinets de recrutement gagnent-ils de l’argent ?

Vous n’êtes pas le client du cabinet. Son client c’est l’entreprise qui le mandate sur la mission. Point final. Alors oui vous allez rencontrer des recruteurs qui font bien leur travail et donc vous traite avec tous les égards possibles mais à la fin de la journée ce n’est pas vous qui envoyez le chèque.

En gros, un cabinet a deux manières de facturer. La première c’est de demander au client une avance pour commencer à travailler (1/3 du montant de la prestation). La seconde c’est de ne facturer que si et seulement si la mission est un succès. Au moment du recrutement.

D’autre part, le montant de la prestation est souvent proportionnel au montant de votre salaire. Plus l’entreprise vous embauche à un salaire élevé et plus elle doit payer une proportion de votre salaire.

PileDeBillets

L’impact de ce modèle c’est que le cabinet a intérêt à vous placer au plus haut salaire possible. C’est souvent une bonne nouvelle mais pas tout le temps car votre intérêt ce n’est pas que le salaire.

L’autre impact c’est que, encore une fois, vous n’êtes pas le client. Pour l’entreprise il sera prêt à rencontrer autant de candidats qu’il faudra, jusqu’à pourvoir le poste. L’inverse ne sera généralement pas vrai. Il n’ira pas chercher pour vous autant d’entreprises qu’il faudra jusqu’à ce que vous soyez placé(e).

Dans son livre Fuck le chômage, Mathieu Ménet explique comment il a réussi à inverser cette dynamique.

Il a expliqué au recruteur qu’il se donnait 2 mois pour trouver. Pas plus. Car il avait des impératifs de revenus. Le recruteur s’est alors senti investi d’une mission et a voulu relever le défi.

 

Voilà qui conclut cet épisode des questions que vous n’osez pas poser. Si vous avez d’autres questions que vous n’osez pas poser n’hésitez pas à les mettre en commentaire ou à me les envoyer directement par mail : nicolas@dessinetoiunemploi.com

J’en ferai un épisode 2 😉